En marchant

lundi 28 décembre 2009
par  P. Pierre de Couëssin
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J’imagine qu’il t’arrive de dire une dizaine de chapelet en marchant. Peut-être plusieurs dizaines. Permets au vieux pratiquant des Je vous salue, Marie… que je suis de te donner quelques avis de sagesse.

  • D’abord, au moment de te lancer, dis au fond de toi-même et à ta manière quelque chose comme ceci : cette dizaine, ce temps qu’il me faut pour aller à tel endroit.., que tout soit vers Toi par Marie.
  • Que tu sois en ville ou à la campagne, demeure éveillé à ceux que tu croises. Bienveillance du regard. Un regard qui rejoint simplement sans être superficiel et sans indiscrétion. Tous ceux-là que tu croises, mets-les dans tes Je vous salue, Marie.
  • Évidemment, il y aura des distractions. D’hier, d’aujourd’hui, de demain. Parce que la route, la rue, cette maison.. te font penser à plein de choses. Parce que, sans crier gare, tel souci atterrit dans ta tête. Il peut même y avoir des pensées mauvaises de toutes sortes. Tout cela, mets-le dans tes Je vous salue, Marie.
  • Plus d’une fois, à cause de ce que je viens d’évoquer, tu oublieras de passer un grain de ton dizainier ou de ton chapelet. Inutile d’en rajouter, te voilà au Gloria : excellente occasion, l’espace de quelques secondes, de te replacer devant l’inouï, l’extraordinaire, le merveilleux aussi : je marche vers Dieu, avec Lui, en Lui.
  • Au bout de ta dizaine, au bout de ta marche, tu te demanderas peut-être : Ai-je vraiment pensé aux paroles que j’ai prononcées ? Ai-je marché consciemment avec Marie ?. Surtout, ne te laisse pas envahir par des réflexions de ce genre : c’est de la comédie ; à quoi ça sert ? ; je me moque de la Sainte Vierge ; comment peut-elle encaisser cela de ma part ?…
    Rassure-toi. Elle encaisse très bien, elle sourit même et elle t’inspirera de recommencer. Mine de rien, sans que ce soit particulièrement glorieux, tu as permis que ton cœur profond se tapisse intérieurement de « divin ». Pas un instant, le Seigneur ne t’a lâché.

Voici une histoire vraie.
Un prêtre que je connais avait l’habitude, parfois, d’alterner les Je vous salue, Marie, avec l’invocation du Pèlerin russe chère à nos frères chrétiens d’Orient. Voilà cette prière : Jésus, Fils de Dieu Sauveur, prends pitié de moi, pécheur.
Tout en marchant dans la campagne, il répétait cette invocation et, subitement, il prit conscience d’avoir inversé les paroles. Cela donnait : Jésus, Fils de Dieu pécheur, prends pitié de moi, Sauveur. Qu’ai-je dit là ? Et puis l’Esprit vint à son secours. Jésus pécheur ! Il se rappela la parole audacieuse de st Paul (2 Co 5, 21). « Celui qui n’avait pas connu le péché, Dieu l’a fait péché pour nous, afin qu’en lui nous soyons ajustés à Dieu. »
Restait le moi, sauveur. Revenu chez lui, il consulta un livre savant et il tomba, émerveillé, sur une parole de l’épître de st Jude (versets 21-23) : « Maintenez-vous dans l’amour de Dieu. Placez votre attente dans la miséricorde de Notre Seigneur Jésus Christ pour la vie éternelle. Ceux qui hésitent, prenez les en pitié, sauvez-les en les arrachant au feu. »

Tu vois, en marchant, tout en ayant sa vie tournée vers le Seigneur, il y a des distractions qui nous amènent à grandir dans la connaissance de qui nous sommes et qui est notre Dieu. Mais il faut aller plus loin. Entrer, jour après jour, dans le Mystère de Dieu, c’est découvrir l’importance de notre mission : ce que nous devenons pour Lui et par Lui : ni plus ni moins que ses collaborateurs dans l’immense chantier du Royaume.


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