Homélie de la Fête de l’Assomption

vendredi 22 septembre 2017
par  Bernard Le Ho
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Homélie retranscrite à partir de l’enregistrement vidéo .
Mgr Giraud n’a pas relu ce texte .

Marie dans son Magnificat, a des mots justes. Quand elle parle, elle ne parle pas d’elle, elle parle d’abord de l’œuvre de Dieu, de ce que Dieu fait en elle et en nous. Il s’est penché sur son humble servante, plus exactement il s’est penché sur l’humilité de sa servante et elle ajoute quelques versets plus loin, « Il élève les humbles ». Remarquons cette finesse de Marie : il s’est penché sur l’humilité de sa servante, mais, elle ne dit pas : il m’a élevée, il m’a élevée moi Marie, toute seule, la servante, la vraie servante, elle dit immédiatement il élève les humbles, tous les humbles. À partir de cette singularité de Marie, Marie sait s’ouvrir immédiatement à tous ceux qui sont dans la même attitude : Il élève les humbles.

Frères et sœurs, aujourd’hui je vais peux être vous surprendre nous ne fêtons pas Marie, nous fêtons l’Assomption de la Vierge Marie, nous souhaitons l’Assomption par Dieu de la Vierge Marie.

Le pape Pie XII en 1950, quand il promulge ce dogme, qui est le fruit de tant et tant de siècles, de méditations, d’approfondissements, de certitudes intérieures, il dit que Marie à la fin du cours de sa vie terrestre, il ne dit pas à sa mort, mais à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste,a été élevée dans le langage chrétien, dans le langage de la Bible, dans le langage du Nouveau Testament « a été élevée » signifie a été élevée par Dieu et c’est donc bien toujours, si nous voulons être chrétiens et catholiques, dans cet ordre qu’il faut commencer.

C’est Dieu que nous fêtons dans ses œuvres, son œuvre particulière certes, auprès de la Vierge Marie mais c’est d’abord Dieu que nous fêtons à Noël, à Pâques, à la Pentecôte et nous pouvons surtout admirer la puissance du Père, cette puissance de la nuit de Pâques, cette puissance de résurrection de Dieu, qui s’est passée dans la nuit et que nul n’a pu voir. En ressuscitant Jésus, Dieu le Père avait déjà dans le cœur le désir profond d’élever la Vierge Marie en âme et en corps.
Il y a déjà dans cette nuit, dans ces ténèbres, toute la puissance, l’énergie et la force que la résurrection a déployée au cours des siècles et notamment auprès de la Vierge Marie. Alors oui, cette puissance du Père, elle ressuscite le Fils, elle ressuscite Marie, et elle nous ressuscite.

Nous fêtons donc aujourd’hui en Elle la fine pointe de tout ce que le Père peut réaliser de meilleur, tout est déjà présent dans cette nuit de Pâques, y compris cette fête, et cette belle fête de l’Assomption.

En disant cela nous n’enlevons bien sûr rien à Marie, au contraire. Au contraire et c’est parce que nous reconnaissons d’abord cette puissance ressuscitante du Père que nous pouvons sereinement fêter l’Assomption de Marie car c’est bien sa fête finalement. Son privilège c’est aussi le nôtre, son privilège, c’est le nôtre par le baptême et la confirmation que nous avons reçus, par l’Esprit Saint que nous avons tous reçu. Et nous vivons tous, peut-être sans le savoir, de cet élan qui a provoqué la résurrection du Christ.

Puisque je viens du diocèse de Sens-Auxerre, vous savez qu’il y a dans ce diocèse, Vézelay, un haut lieu aussi de pèlerinage : il y vient un million de pèlerins pour la route de Compostelle ou la route d’Assise et nous y fêtons aussi Marie-Madeleine, cette figure si importante puisque c’est-elle qui la première a aussi bénéficié de l’apparition du Ressuscité, la première à bénéficier d’une parole personnelle du Christ mais Marie-Madeleine est déjà portée, sans qu’elle le sache, non seulement par son amour, non seulement par l’émotion, non seulement par le désir d’ensevelir le Christ correctement, mais elle est déjà portée par l’élan de la résurrection. Mais ce n’est pas la première à croire, nous le savons : c’est le disciple Aimé « il vit et il crut ». Combien plus, pourront me dire que Marie, la Vierge Marie elle-même a bénéficié de cet élan de la résurrection. Cet élan est si fort si puissant qu’elle va faire tout le chemin de son Immaculée-Conception, jusqu’à la gloire céleste. Elle a fait tout le chemin et elle nous devance en tout, et c’est pour ça que nous l’aimons, c’est pour ça que nous l’admirons et surtout, c’est pour cela que nous voulons l’imiter. Car il ne suffit pas d’admirer Marie, encore faut-il entrer dans sa propre attitude, et nous connaissons son attitude d’humilité, de servante, d’écoute de la parole, d’intelligence des évènements. En tout cela Marie nous précède, et elle nous assure que nous allons vers ce but qui nous est promis. Alors d’une certaine manière comme le dit Saint Paul, déjà ressuscités : « En Christ nous sommes déjà ressuscités ».

J’ai choisi cette devise comme évêque il y a 14 ans parce qu’il me semblait que c’était là le cœur de notre foi, ressuscités avec le Christ. Non seulement, le Christ est le premier, le premier d’une multitude. Ressuscités au pluriel ça veut dire : qu’il n’y a pas de différence entre un évêque, les prêtres, les diacres, des religieux, des religieuses, des laïcs ; nous sommes tous déjà ressuscités avec le Christ et c’est de cela que nous devons témoigner aujourd’hui, c’est de cela que nous devons témoigner ! Et Saint Paul continue en disant :
« Ressusciter avec le Christ, rechercher les réalités d’en haut ».

Aujourd’hui nous sommes devant une crise des fins dernières, nous n’avons ni le courage, ni le désir de regarder notre propre fin, et pourtant plus nous avançons en âge, plus nous savons que nous allons vers ce moment unique où nous serons devant la face du Seigneur qui nous posera une question. Mais Dieu aujourd’hui ne pose plus question, Dieu ne fait plus sens pour beaucoup de nos contemporains, et pourtant il continue de nous poser une question : « M’aimes- tu ? ». M’aimes- tu comme la Vierge Marie m’a aimé au point de répondre parfaitement à mon appel ? Cette question Dieu nous la pose mais le monde semble ne plus l’entendre, alors comment faire ? Nous n’avons pas de plans pastoraux, de grandes stratégies, nous avons simplement notre cœur et avec notre cœur nous pouvons nous-mêmes déjà nous dire « Mais vers qui allons-nous ? », « Vers qui allons- nous » et c’est notre propre question et cela demande tout simplement, non seulement de l’humilité mais ce serait peut- être mon deuxième point, de l’intériorité.

En lisant ici, puisque je n’étais jamais venu ici à Querrien, le petit résumé de la vie de Jeanne j’ai remarqué cette petite phrase où il est dit de Jeanne Courtel « ses parents l’ont ouverte à ce monde du dedans » : elle était sourde et muette mais ses parents ont su l’ouvrir à ce monde immense du dedans.

Nous sommes très forts et nous devons en rendre grâce aux hommes et surtout à Dieu, nous sommes très forts pour l’infiniment petit, nous sommes très forts pour l’infiniment grand, on a vu de tellement belles images de tous ces satellites qui vont si loin dans l’univers. L’infiniment petit, l’infiniment grand, l’infiniment complexe, et Dieu sait aujourd’hui si avec les réseaux sociaux nous pouvons avoir des images du monde entier en direct ici même. Ce matin l’infiniment petit, l’infiniment grand, l’infiniment complexe, mais que faisons-nous de l’infiniment intérieur ?
Quel soin prenons- nous de notre intériorité ? Marie méditait la parole de Dieu, bien plus, le texte dit exactement méditait tous les évènements. Est-ce que nous savons prendre le temps de méditer chaque jour la Parole de Dieu qui est si précieuse ? Est-ce que nous avons le temps de méditer les petits comme les grands évènements que nous vivons ? Nous vivons dans la réaction. Dieu nous demande la réflexion. Nous réagissons mais Dieu voudrait que nous réfléchissions, comme la Vierge Marie l’a fait tout le long de sa vie jusqu’à la fin de sa vie terrestre.

Alors demandons peut-être simplement à Dieu, parce que je crois que c’est le moment favorable, non seulement l’humilité qui attire comme un aimant la grâce de Dieu on le voit en Marie, mais demandons au Seigneur de prendre soin de notre intériorité, c’est-à-dire de notre relation à lui, ce ne sera jamais aux dépens des autres, jamais aux dépens de nos prochains, ce sera toujours au contraire pour mieux les servir, plus nous pensons aux fins dernières, plus nous nous soucions des avant-dernières, celles que nous vivons chaque jour. Notre monde a besoin d’un peu de silence, d’un peu d’intériorité, il y a beaucoup de paroles, il y a trop peu de silence.

Demandons à la Vierge Marie d’être comme elle, à l’écoute de la parole de Dieu, d’avoir son humilité, son intériorité, puisque Jeanne elle-même a eu des parents qui ont su lui donner ce goût de ce monde immense du dedans. Puissions-nous, nous aussi nous approcher de notre heure, cultiver notre intériorité, prendre soin de notre âme, comme de notre corps et nous préparer à cette fin : être élevés par Dieu comme Marie, celle qui la première a fait pour notre espérance tout le chemin.

Mgr Giraud 15 août 2017


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