Marie, Mère de Dieu

jeudi 20 novembre 2008
par  P. Pierre de Couëssin
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Mère de Dieu ! Je suis sûr qu’au moins une fois, vous avez réagi. Mère de Dieu, c’est invraisemblable ! Comment est-ce possible ?

Marie, notre mère, cela passe mieux. D’ailleurs, peut-être avez-vous en mémoire l’une des dernières paroles de Jésus en croix. Il s’adresse à l’apôtre Jean qui est là aux côtés de Marie : « Voici ta mère ! ». Marie, notre mère, çà nous touche, c’est bon. Mais Mère de Dieu ! Comment, comment ?

Première découverte. L’expression « Mère de Dieu » n’était pas, au départ, destinée à nous dire une vérité sur Marie (je vais y revenir). Ces mots, d’abord, visaient à parler de Jésus, à bien parler de Jésus.

Deuxième petite lumière. Dans les lendemains et les surlendemains de la mort et résurrection de Jésus, les premiers chrétiens voyaient, en quelque sorte dans le Christ - comme nous - deux réalités : son humanité et sa divinité. S’élevait alors une foule de questions : ces deux « parties » du Christ étaient-elles empilées, juxtaposées, imbriquées ? Comment ? Comment comprendre ?

En lisant et relisant les Evangiles, en les méditant, on voyait bien en Jésus des actions que l’on considérait comme purement divines, ainsi les guérisons, le pardon des péchés. Il y avait aussi des actions tout simplement humaines : il mangeait, il avait soif, il était fatigué, il pleurait…

Certains se fixaient sur la divinité. Mais, alors, Jésus était-il vraiment homme ? D’autres ne voyaient que l’humanité. Conséquence : Jésus était-il vraiment Dieu ?

Deux deux côtés, on avait affaire à des gens de « bonne foi » (!) Vrai homme. Vrai Dieu. Et, toujours, comment vrai homme et vrai Dieu ?

Troisème étape. Ces questions, à vrai dire, concernaient peu le petit peuple mais les Evêques, tous des moines instruits, et les théologiens prenaient conscience de l’enjeu et de sa gravité. Il y allait du mystère-clé de l’Incarnation. N’y avait-il pas au tout début de l’évangile selon St Jean : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ».

Parmi bien des palabres mêlés de considérations politiques en fonction des soutiens accordés aux chrétiens par les Empereurs d’alors (en très gros, les alliances et les cassures entre l’Orient et l’Occident) deux Conciles mirent enfin de la lumière. En 431, le Concile d’Ephèse proclame Marie, Mère de Dieu. Du même coup, les Evêques affirment que Jésus, fils de Marie, est à la fois, homme et Dieu.

Vingt années plus tard, en 451, à Chalcédoine, nouveau Concile qui affirme qu’en Jésus-Christ il y a deux natures, la nature humaine et la nature divine et entre les deux, il y a union sans confusion. Quand Jésus a soif, c’est Dieu qui est assoiffé. Quand il pleure, c’est Dieu qui gémit. Quand il tressaille de joie, c’est Dieu qui exulte.

Résumons. L’enfant que Marie met au monde à Bethléem est Dieu, fils de Dieu. Cela dit, il s’agit toujours de chercher à mieux comprendre, d’entrer plus avant dans la réponse que nous avons à donner à la question qui nous rejoint tous sur les chemins de notre foi : « Pour vous, qui suis-je ? »

Amis lecteurs, nous ne mettrons jamais la main sur Dieu. Car Dieu n’est pas un problême qu’on peut démonter et démontrer. C’est un mystère [1] dans lequel on entre pour ne plus pouvoir en sortir et qui nous conduit « de commencement en commencement vers un commencement qui n’aura pas de fin ».

Il y a plus dans croire que dans voir et que dans savoir. Il ne s’agit pas - surtout pas - de démissionner. Je vous recommande cette formule d’un grand penseur qui fut aussi un grand saint. « Crois pour comprendre et comprends pour croire » (Saint Anselme 1033-1109). C’est une parole qui ne bloque rien et met en mouvement la foi autant que la raison, la raison autant que la foi.

Chaque fois que nous prions le Je vous salue Marie, nous la rejoignons Mère de Dieu. Inlassablement, elle nous met au monde de son Fils, homme-Dieu.

En la priant avec admiration, avec affection, pleine de grâce, elle nous pousse à reconnaitre et à proclamer « Que c’est beau Jésus-Christ ! »

Pierre de Couëssin
Recteur du Sanctuaire


[1Mystère : un « gros » mot qui apparait souvent dans la prière des chrétiens. J’y reviendrai une autre fois.


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