Méditation devant le crèche - Dieu fait bébé

lundi 24 décembre 2012
par  P. Pierre de Couëssin
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Petit enfant dans l’environnement chrétien qui était le mien (famille, école catholique, catéchisme paroissial), j’ai souvent entendu – et prononcé moi-même – ces mots : le bon Dieu.

En grandissant et en faisant mes études de futur prêtre, et aussi dans les premières années de mon ministère pastoral, j’ai été amené à faire le constat suivant : autour de moi j’entendais parler du Petit Jésus et du Bon Dieu.
Entre les deux, y avait-il vraiment place pour Jésus de Nazareth ? Pour Jésus manifestant de mille manières son humanité, refusant les enthousiasmes qui le voyaient et qui le voulaient libérateur médiatique et dominateur ? Pour Jésus prenant le statut de l’esclave lavant les pieds de ses apôtres ? Pour, enfin, Jésus ressuscité dans son corps d’homme ?

Un jour, un prêtre qui m’a beaucoup marqué, le Père Guérin, fondateur en France de la J.O.C., me passa un petit livre du Père Congar, théologien dominicain, devenu plus tard le Cardinal Congar (1). Voici une longue citation de ce livre. Elle exprime bien ce que je voudrais dire. « Habitués depuis le Catéchisme à entendre proclamer la divinité du Christ, les fidèles sont enclins, quand ils sont à la fois fervents et peu éclairés, à concevoir le Christ comme Dieu présent et agissant sous les dehors d’un homme (..) Un aumônier de lycée interrogeait récemment les grandes jeunes filles de son cours d’Instruction chrétienne : Jésus-Christ avait-il une âme humaine ? La réponse unanime et spontanée a été : oh non ! puisqu’il était Dieu. (…) Les fidèles croiraient volontiers que l’humanité n’a consisté, en Jésus Christ, que dans un corps humain sensible au monde extérieur, à la beauté, lui permettant d’être extérieurement l’un de nous, mais non en une âme humaine avec ses pleins attributs de conscience, intelligence et volonté..
La catéchèse risque parfois de mal orienter la pensée des fidèles dévots en ne présentant, en Jésus-Christ, que le Bon Dieu. Dans la prédication, il arrive qu’on parle ou bien du Dieu fort et puissant ou bien de l’humanité du Sauveur, sensible aux faiblesses, à la douleur et à la miséricorde, sans assez respecter l’unité du Christ, qui est souverainement saint et puissant dans son humanité même.
(souligné par l’auteur)

Entre le petit Jésus et le Bon Dieu, il y a donc à accueillir la réalité de Dieu fait bébé. La réalité humaine de Celui qui, un jour, dire : « Je suis le Chemin, la vérité et la vie ».

Et je vous propose une méditation sur les mains de Jésus-Christ.

Regardez, accueillez, intériorisez les menottes de Jésus, bébé Dieu. Regardez comme vous regardez les petits poings fermés de n’importe quel bébé. C’est Dieu.

Regardez, accueillez, intériorisez les mains de Jésus, l’apprenti charpentier auprès de Joseph. Il apprend le maniement du marteau et des autres instruments de l’atelier. Cela demande du temps et quelques coups maladroits sur ses doigts comme tous les apprentis. C’est Dieu.

Regardez, accueillez, intériorisez les mains du charpentier de Nazareth. Cela a duré une vingtaine d’années. Des mains de travailleur manuel, striées des inévitables blessures, les ongles cassés. C’est Dieu.

Regardez Jésus accueillant le lépreux qui vient vers lui et posant sa main sur son corps infecté (Mt 8, 3).C’est Dieu.

Regardez Jésus prenant dans sa main la main de la fillette morte (Mc 5, 41). C’est Dieu.

Regardez, sur le chemin du Golgotha, les mains toutes ensanglantées de Jésus portant la Croix. C’est Dieu.

Regardez les mains de Dieu clouées au bois de la Croix. C’est Dieu.

Dans les bras de Marie, Dieu est totalement dépendant des bras d’amour qui l’accueillent. De lui-même, il ne peut rien faire.

Sur la croix, Dieu est totalement dépendant du péché des hommes. Il ne peut rien faire. C’est l’exécution capitale d’un homme et c’est Dieu.

Non, Dieu ne fait pas semblant d’être un homme pour se mettre à notre portée. Dieu s’est vraiment incarné, vrai Dieu – vrai homme.

Y a-t-il plus réaliste que ce que nous disent les mains de Jésus-Christ ?

P. Pierre de Couëssin
Recteur du Sanctuaire
Noël 2012.

(1) « Le Christ, Marie et l’Eglise »
Desclée de Brouwer 1955


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