Pardon de Notre Dame de Toute Aide Homélie de Mgr Dognin (2)

Célébration vespérale
mercredi 13 septembre 2017
par  Bernard Le Ho , Sanctuaire Notre-Dame de Toute Aide
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Chers Amis,

En écoutant ce passage d’Évangile (1) et en le méditant, j’ai d’abord été frappé par cette petite phrase : « la mère de Jésus était là ». Marie vient à ces noces de village avec Jésus et ses disciples. Ils ont été invités, comme beaucoup d’autres. Ils partagent humblement la joie de ces mariés et de leurs familles, heureux de célébrer avec eux devant Dieu l’amour qui les unit.

Quand nous honorons Notre Dame de Toute Aide en ce lieu, n’est-ce pas justement reconnaître que la Vierge Marie est là, tout près de nous, de nos familles, de nos soucis humains mais aussi de nos joies. Comme elle l’avait été auprès de Jeanne COURTEL, jeune fille sourde et muette, qui gardait son troupeau et qu’elle a guérie. La mère de Jésus était là, ici même, Chers Amis.

Marie a été glorifiée dans le ciel, comme nous le célébrons le 15 août, mais c’est justement pour cela que nous croyons qu’elle est désormais pour toujours au plus près de ce que nous vivons.

Aux noces de Cana, la participation de Marie n’est pas passive. Marie, la première, va se rendre compte du drame humain qui s’annonce et elle en fait part à Jésus… « Ils n’ont plus de vin ». La réponse de Jésus est étonnante et je laisse les exégètes en chercher le vrai sens… mais une chose est sûre, Jésus aussi prend en compte la détresse qui s’annonce pour ces jeunes mariés. Par sa parole, non seulement ils vont échapper à cette situation catastrophique, mais Jésus va faire bien plus que cela.

Nous aussi pouvons avoir des choses lourdes à porter dans notre vie : Une épreuve qui laisse une blessure au fond de nous-même ou un deuil difficile à assumer, ou encore toutes sortes de situations « compliquées » comme on dit. La vie humaine est magnifique mais elle ne nous épargne pas pour autant les épreuves. C’est la vie !

Ne croyons pas que le Seigneur est indifférent à tout ce que nous vivons… qu’il est loin de tout ça ! Déjà, si nous mettons en lui notre foi, Il nous pardonne nos fautes pour nous faire entrer dans sa vie et dans la joie de ses Noces éternelles. Mais sa miséricorde n’est pas seulement pour le futur, il prend soin de nous aujourd’hui. Il n’est pas sourd à nos supplications.

Quand j’étais évêque auxiliaire à Bordeaux, j’ai rencontré un catéchumène qui avait fait une expérience étonnante. Il était tout à fait incroyant. Il ne connaissait rien à la foi chrétienne. Un jour il est entré dans une église et en voyant une représentation de Jésus sur la croix, il a eu un choc. Il ne savait pas qui était sur la croix, mais il s’est dit : « cet homme, c’est moi. Avec tous les problèmes que j’ai, je suis comme cloué, comme lui ».

Il s’est renseigné pour savoir qui c’était, et quand il a su que Jésus, justement, avait vécu cela par amour, pour nous sauver, pour nous libérer du mal et de la mort… alors il a tout de suite compris qu’il était appelé, lui aussi, à vivre avec Jésus dès maintenant. Il a demandé le baptême. Sa vie a changé.

En changeant l’eau en vin, Jésus a non seulement évité la catastrophe, mais il a donné à cette fête de noces une toute autre dimension. L’abondance de vin excellent, meilleur que l’autre, est le signe de la joie profonde que Jésus vient apporter dans notre vie dès maintenant et pour toujours.

Bien sûr, nous ne sommes pas pour autant à l’abri des difficultés, comme je l’ai exprimé, mais si permettons à Jésus de venir dans notre vie, alors c’est la joie qui triomphe. Comme l’a écrit le Pape François dans la Joie de l’Évangile : « …je reconnais que la joie ne se vit pas de la même façon à toutes les étapes et dans toutes les circonstances de la vie, parfois très dure. Elle s’adapte et se transforme, et elle demeure toujours au moins comme un rayon de lumière qui naît de la certitude personnelle d’être infiniment aimé, au-delà de tout (2) ».

Cependant, il y a une condition qui s’exprime ici par la parole de Marie : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Comme les serviteurs, nous avons à entendre ce que nous dit Jésus. Le Seigneur continue de nous parler aujourd’hui, comme il a parlé aux serviteurs à Cana. Nous avons l’Évangile à portée de la main. Jésus nous donne son Esprit Saint pour nous éclairer et pour faire en sorte que ces paroles évangéliques soient toujours d’actualité et qu’elles nous touchent au plus profond de nous-mêmes.

Nous avons donc tout ce qu’il faut pour répondre à l’invitation de Marie puisque Jésus nous parle… mais avons-nous la foi qui l’a poussée à appeler son Fils, au cœur de cette situation désespérée ? Avons-nous la foi des serviteurs ? Tout de même, ces jarres destinées à la purification rituelle, c’est à dire pour se laver après avoir été au marché ou ailleurs, avant de prier, avant de manger.

Des jarres pour se laver ! C’est un geste symbolique bien sûr, je ne vais pas développer, mais cette demande pouvait leur sembler absurde. Les serviteurs ont fait confiance à Jésus qui n’était qu’un invité. Ils ont pris l’eau qui sert pour se purifier et ils l’on servie comme du vin. C’est la foi qui peut nous pousser à faire tout ce que nous dit Jésus, même si cela nous paraît impossible comme par exemple, lorsque Jésus nous demande d’aimer nos ennemis (3) !

Sans la foi, notre Bible restera dans notre bibliothèque comme un livre ordinaire. C’est la foi qui peut nous conduire à lire, à méditer ces textes, à chercher à en comprendre le sens. À croire que vraiment le Seigneur nous parle à travers ces textes.
C’est la foi qui nous permet de croire qu’en faisant ce que Jésus nous demande, cela va changer beaucoup de choses dans notre vie.
C’est la foi qui nous pousse à prier chaque jour, à vivre ce cœur à cœur avec le Seigneur, à lui donner un peu de temps au cœur de nos activités.
C’est la foi qui nous pousse à aller à la messe, à croire que, lorsque Jésus nous dit : « Ceci est mon Corps livré pour vous, faites cela en mémoire de moi. », c’est vraiment son corps que nous recevons en allant communier.
C’est la foi qui nous remplit d’Espérance. Cette Espérance qui nous fait voir les choses autrement, qui nous éclaire sur nous-même, sur notre comportement vis-à-vis des autres… Comme le dit Saint Augustin : « Les hommes sans espérance, moins ils font attention à leurs propres péchés, plus ils sont curieux des péchés d’autrui. Ils ne cherchent pas ce qu’ils vont corriger mais ce qu’ils vont critiquer (4) ».

C’est la foi enfin qui nous pousse à témoigner autour de nous de cette Espérance qui nous habite. Nous pouvons alors nous associer à la Vierge Marie en disant à notre tour : « Faites tout ce que Jésus vous dira ». Faites-le, car vous devez croire que cela va changer votre manière de vivre. Vous serez habités par la joie du Seigneur qui libère du vide intérieur et nous ouvre à l’amour des autres.

Notre Dame de Toute Aide, merci pour votre présence et pour l’attention que vous portez à chacun de nous, à nos joies et à nos peines. Merci pour le témoignage de votre foi, de votre espérance et de votre charité. Nous accueillons votre appel à faire ce que Jésus nous demande et nous nous confions à votre prière. AMEN

Mgr Laurent DOGNIN
Évêque de Quimper et Léon

(1) Jn 2, 1-11 : Les Noces de Cana.
(2) Evangelii Gaudium n°6
(3) Cf. Mt 5, 44.
(4) « Sermon de Saint Augustin sur l’Ancien Testament. » Dans la Liturgie des Heures, Tome III, Dimanche de la 14e semaine (p 256).


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