Pour ceux qui prient le chapelet et pour ceux qui sourient

mercredi 23 juillet 2008
par  P. Pierre de Couëssin
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D’abord vous qui avez dans votre poche un chapelet ou un dizainier. Il me semble vous entendre dire des réflexions comme celles-ci :

  • Oui, je dis le chapelet mais c’est de la routine.
  • En cours de dizaine, il m’arrive de ne plus savoir quel mystère je suis sensé méditer.
  • Je prie à une intention qui, pourtant, m’est très chère et j’ai plein de distractions.
  • J’ai souvent entendu dire que le chapelet devait nous conduire à Jésus. C’est peut-être parce que je ne sais pas m’y prendre, en tous cas, je n’ai pas l’impression de mieux penser au Christ.

Y a-t-il quelqu’un qui a pu dire un chapelet, une dizaine et même un Je vous salue sans distraction ? Pas sûr ou plutôt, je suis sûr du contraire. Alors ? Eh bien, alors, je vous encourage à tenir bon, à continuer.

Chapelet

Pour continuer, voici quelques conseils de rien du tout mais, je crois, pas si nuls que ça !

D’abord, avoir l’intention droite. De quoi s’agit-il ? Tout bêtement, c’est d’avoir le désir, le projet, que tout le temps de la dizaine, du chapelet, je sois vers Marie et que Marie m’oriente vers Jésus. Il est possible que, rapidement, je sois pris par mes soucis, prisonnier de mille distractions, mais il y a l’intention droite. Le Seigneur sait et voit que je suis là pour lui.

Il est très recommandé de « partir » de l’un des mystères de la vie du Christ Jésus. Il n’est pas interdit de passer d’un mystère joyeux à un mystère douloureux ou vice versa.

Suivant la période de l’année, suivant l’évangile de dimanche dernier ou de dimanche prochain, il est possible - et c’est même très bien – de prendre une parole ou un geste de Jésus et de « partir » avec. Si j’ai retenu cette parole ou ce geste, c’est qu’ils m’ont parlé. Ils n’ont pas tout dit.

Dans les Je vous salue de la dizaine, il est bon de se proposer de porter une attention particulière à tel mot de la récitation.

Par exemple, Marie pleine de grâce. Vous vous adressez à la Vierge Marie, femme, épouse, mère. Plus belle que celles représentées par les meilleurs peintres ! Laissez les autres paroles filer sans y faire plus attention. Au passage, « cliquez » intérieurement sur chaque Marie pleine de grâce. Si vous avez une distraction, ce sera une belle distraction. Si vous vous arrêtez le temps d’un regard et que vous ne savez plus où vous en êtes de la dizaine, pas d’importance ! Dites avec bonheur Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit, au Dieu qui est, qui était et qui vient, pour les siècles des siècles.

Une autre fois, vous « viserez » spécialement pauvres pécheurs. De qui s’agit-il ? De vous, bien sûr ! Et de un tel, et une telle, et de tous ceux que vous aimez beaucoup ou que vous n’aimez pas du tout, et encore de toutes ces foules côtoyées au supermarché ou entrevues à la télé.

Il y a, bien sur, et Jésus ton enfant. Jésus ! Un mot cent fois répété. Non plus une désignation parmi d’autres mais le Bien-aimé de Marie et votre Bien-Aimé. Oui, Bien-Aimé, même si ça ne fait rien bouger dans le fond de votre cœur. Il l’est, Bien-aimant et Bien-aimé, avant que nous pensions à lui.

Et ce maintenant qui revient sans cesse. Quel couleur, quel poids a-t-il dans le très concret de votre maintenant, ici, tout de suite ? N’est-ce pas l’occasion de « communier » au Seigneur, ici et maintenant ? N’est-ce pas l’opportunité de « rattraper » un peu les trois Que du Notre Père, peut-être dits distraitement ? Que Ton Nom…, Que Ton Règne…, Que Ta Volonté…

Il reste encore et à l’heure de notre mort. La mort ! C’est sérieux parce que c’est toujours l’heure de la mort d’un proche, plus ou moins proche. C’est sérieux, parce que ce sera un jour votre heure. Difficile à envisager, peut-être, mais pas dramatique puisque cent fois, mille fois, vous vous êtes remis entre les mains de la plus mère de toutes les mères.

Icône de Marie

Et, maintenant, je me tourne vers toi qui souris quand tu vois des personnes qui prient le chapelet.

Je te dis « Tu ». Tu permets ? Car je voudrais te parler d’un peu plus près encore, si je puis dire. Amicalement. Sérieusement aussi.

J’imagine ce scénario. Tu es, par exemple, dans ta voiture. Tu en as marre de la soupe musicale de la radio et tu la coupes. Tu vas au travail ou tu rentres chez toi. Tu penses à ta femme, à ton mari, aux enfants. C’est bon et, en même temps, tu éprouves une sorte de vague à l’âme. Tu n’es pas malheureux mais tu as soif de quelque chose de plus, de mieux, d’autre.

Tu ne sais pas quoi mais c’est là dans le creux de ton silence.

Tu es croyant à gros grains. Il y a quelque temps, tu as été remué par la réflexion d’un(e) collègue. C’était la pause-café. Un petit groupe commentait l’actualité : il était question de « religion » : du bon, du bizarre, du pire. Quelqu’un a dit quelque chose comme cela : au fond, tout le monde se dit croyant mais ça ressemble à quoi ? Silence. Et puis un(e) collègue a repris : tous croyants ? Moi je suis croyant(e) chrétien(ne). Ça change tout. Re-silence. Et c’en est resté là. Pourtant, cet adjectif « chrétien » s’est logé quelque part dans ta tête. Des images en boucle ont tourné : l’année (la seule) de caté que tu as suivie, un sujet à la télé sur Lourdes, les obsèques de ton grand-père. Et, soudain, tu as trouvé beau le visage du collègue qui avait dit croyant chrétien.

Avec étonnement, tu as senti que tout cela déposait en toi une sorte d’envie de te mettre en relation avec ce monde là, avec la foi, avec Dieu.

Prier ? Tu ne sais pas. D’ailleurs, as-tu su, même pendant l’année de caté ? As-tu encore mémoire du Notre Père et du Je vous salue, Marie ? Pas sûr. Mais ça doit bien se trouver dans les églises. Tu as remarqué à l’occasion d’obsèques, de mariages, qu’il y avait plein de feuilles à l’entrée de l’église.

Prière aux cierges

Ami, amie, quand on ne sait pas prier, quoi dire, comment dire ? Il y a cette formule vieille de vingt siècles.


Je vous salue, Marie, pleine de grâce.
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, votre enfant, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs,
maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

C’est une prière que l’on arrive vite à savoir par cœur. Elle accompagne, elle soutient, elle oriente le mouvement de ton cœur.

Ça aide, tu sais, d’avoir ainsi, une prière toute faite et de la répéter. Au bout du « par cœur », au bout de ton désir, au bout de ton attente vague, il y a quelque chose d’apaisant. Au bout… il y a quelqu’un : Marie. Une femme. Une mère. Sans que tu le saches bien, elle t’accueille et elle te pousse mystérieusement vers son Fils, Jésus le Christ. Vers lui, peut-être pas encore en lui, tu deviens un croyant chrétien.

Tu peux relire alors la première partie de ce texte : intention droite… etc.

Ça peut te mener loin, tu sais. Et je te le souhaite. Ça vaut le coup. Bonne route !


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