Les homélies du pardon du 8 septembre

mardi 10 septembre 2019
par  Bernard Le Ho
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Prédication du frère Jean-Michel, père abbé de Landévennec.

 Homélie de la messe de Nativité de Marie

Dimanche 8 septembre 2019 : Matthieu 1, 1-23.
« Joseph fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ».
Chers frères et sœurs, cette parole de consolation et d’espérance que l’ange du Seigneur adresse à Joseph, comment ne pas la faire nôtre en ce jour où nous célébrons la nativité de Marie et en ce lieu, unique en Bretagne, où elle est apparue en 1652 ?
En effet, la confiance que Joseph avait placé en Marie, n’est en rien déçue : « ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse » le rassure l’ange quand, la sachant enceinte, Joseph envisage de rompre discrètement. « Ne craint pas de prendre chez toi Marie, ton épouse », le Seigneur lui demande tout simplement, si l’on peut dire, d’entrer dans le mystère de l’annonciation qui a saisi Marie et d’accueillir cette nouvelle inouïe que son épouse est la femme choisie entre toutes par Dieu pour être la mère du Sauveur ! Du coup le regard de Joseph sur Marie n’en est que plus émerveillé et la perception de sa propre vocation, à lui Joseph, s’en trouve toute éclairée ! Et l’on comprend alors avec quel bonheur et quelle délicatesse il accueille en sa maison Marie son épouse. Ainsi cette page d’évangile nous fait découvrir avec les yeux de Joseph combien Marie est femme digne de confiance, elle que Dieu a choisie entre toutes les femmes et combien nous aussi, nous à l’exemple de Joseph, nous ne devons pas craindre de la prendre chez nous, c’est-à-dire de lui donner toute sa place dans notre vie, elle que Jésus lui-même, du haut de la croix, nous a donné pour Mère. Pèlerin de Querrien, ne crains pas de prendre chez toi, Marie, Mère de Jésus !

Recevoir la Mère du Sauveur comme notre Mère, c’est immanquablement nous préparer à faire bon accueil à son fils dans le concret de nos vies. Car l’existence de Marie ne nous parle que de Lui, ne nous tourne que vers Lui, l’Emmanuel, le « Dieu avec nous ». Il nous suffit, ce matin, de tourner notre regard vers la statue de Notre Dame de Toute Aide pour le comprendre : cette statuette que la belle Dame de l’apparition demande à Jeanne Courtel de retrouver au fond la mare Saint Gal, cette statuette nous montre Marie qui porte son fils et le présente au monde !
Mais surtout, cette fête de la nativité de Marie que nous célébrons en ce jour n’oriente-t-elle pas spontanément notre regard vers la nativité de son fils Jésus, et ne nous invite-t-elle pas à méditer le mystère de l’incarnation, ce mystère d’un Dieu qui se fait homme, d’un Dieu qui nous aime au point d’épouser notre nature mortelle, en assumant dans sa chair la fragilité humaine pour nous révéler cette réalité inouïe que nous sommes capable de Dieu, que notre destination ultime n’est pas la mort, mais la vie en Dieu ?

Et y-a-t-il plus belle manière de nous faire saisir l’inscription du fils de Marie, dans l’histoire humaine que de retracer son arbre généalogique comme le fait saint Matthieu dans l’évangile de ce jour ?
Du moins comprenons-nous en entendant la longue liste des ancêtres de Jésus, que la bénédiction de Dieu se manifeste dans l’histoire de son peuple, tout d’abord et tout simplement pourrait-on dire, par la transmission de la vie de génération en génération : « Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda, etc… ». Même dans notre société sécularisée où la technique étend son emprise dans tous les domaines de l’existence et où l’on veut tout maîtriser, le don de la vie, la venue au monde d’un enfant garde toute sa fraîcheur, toute sa part d’inconnue, de non maîtrise, de mystère en réalité et c’est justement cela qui en fait la beauté et qui procure aux parents qui accueillent cette vie nouvelle, tant de joie et d’émerveillement. Combien de parents font alors une véritable expérience spirituelle percevant bien, à la joie qui les habite, que cette vie nouvelle qui leur est confiée est un don, le don que Dieu leur fait ! Une responsabilité aussi, la responsabilité que Dieu leur confie.
L’histoire des origines de Jésus à travers même les soubresauts chaotiques de son arbre généalogique nous fait bien découvrir que tout homme est une histoire sacrée et que Dieu ne se laisse pas décourager par le péché ou la faiblesse humaine. On trouve en effet de tout dans cette généalogie du Messie : un couple habité par la foi, Abraham et Sara ; mais aussi un roi homicide et adultère, David ; une prostitué courageuse, Rahab ; une migrante étrangère au peuple d’Israël, Ruth.

Visiblement, Dieu n’a pas la préoccupation de la pureté de la race, ni l’obsession d’histoire familiales sans accros pour conduire à bien son dessein de salut et de bénédiction pour toute l’humanité. Bien au contraire, il se mouille dans le réel d’histoires familiales faites de beauté et de tragédies, comme pour nous signifier qu’il ne craint pas notre humanité avec sa part d’ombre, mais que c’est elle, cette humanité blessée qu’il vient sauver, relever, pardonner, révéler à sa véritable vocation ! Voila qui peut nous consoler et nous garder dans l’espérance quand nous-mêmes souffrons d’histoires familiales douloureuses ! C’est ce monde là que Dieu aime et qu’il vient visiter.

C’est le message que Notre Dame de Toute Aide délivre à la Bretagne, en ce petit village isolé de Querrien, en venant signifier par des guérisons physique et spirituelle la miséricorde dans laquelle Dieu enveloppe toute l’humanité. Comme toujours, c’est par des moyens faibles, par la force faible et invincible de l’amour que Dieu manifeste sa puissance, lui qui ici, en passe par une jeune fille inconnue, comme était tout aussi inconnue Marie de Nazareth, pour déployer sa bénédiction !

A l’heure où notre Église doit combattre la tentation du cléricalisme, à l’heure où de nombreux pays sont confrontés à la tentation d’un nationalisme étroit et à l’heure où notre monde doit entendre ensemble « le crie de la terre et le cri des pauvres » pour reprendre l’expression du Pape François dans Laudato Si’, la pédagogie de Dieu qui en passe par des moyens faibles pour faire advenir son royaume peut nous indiquer la voie à suivre : ce n’est qu’en s’ouvrant à l’amour, au partage, à la fraternité que l’on se libère de la tentation de la violence et de la domination dont le ressort principal est la peur. Chacun de nous peut devenir agent de paix, de réconciliation et d’amour dans l’humble quotidien de sa vie comme Marie à Nazareth et ce n’est que cette démultiplication de la fraternité qui peut transformer le monde et l’humaniser. Nous prenons aussi collectivement de plus en plus conscience que ce n’est que par la démultiplication de nos gestes respectueux de la création et par la conversion de nos mode de vie quotidienne que tous ensemble nous pourrons protéger l’environnement, ce jardin de la création que Dieu nous a confié pour que nous y vivions en paix sous son regard.
Cette pédagogie de Dieu qui en passe par la seule force persuasive de l’amour, repose sur la révélation de la dimension spirituelle de toute existence humaine. « Je veux que l’on édifie une chapelle » demande Notre Dame à Jeanne Courtel. Comment ne pas reconnaître là une invitation pressante à raviver notre foi, à prendre conscience que l’homme passe l’homme comme disait Pascal et à nous tourner vers Dieu pour que nos vies prennent de la hauteur et s’élargissent aux dimensions infinies de l’amour dont Dieu est la source. Notre monde contemporain, asséché et appauvri par le consumérisme, a soif d’infini, a soif de vérité, a soif de vie, a soif de sens, a soif de Dieu pour tout dire ! Laissons-nous conduire par Marie, elle nous montrera son fils, de Lui jaillit l’eau vive qui apaise toute soif.

AMEN

 Homélie des Vêpres

Les noces de Cana : Jean 2, 1-12

« Jésus manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui », la saveur extraordinaire du vin des noces de Cana n’a pas d’autre raison d’être que de provoquer la foi ! C’est un signe pour croire ! Pareillement, l’apparition de Marie à la jeune Jeanne Courtel, sourde et muette qui au contacte de la Dame au sourire, lui aussi, extraordinaire retrouve l’usage de la langue est un signe pour croire, un signe pour raviver la foi du peuple de Dieu en l’amour sauveur du Seigneur.
Quand Dieu se manifeste, que ce soit à Cana ou à Querrien, il suscite la joie et réveille l’espérance. Il suscite la joie de découvrir que vraiment il vient faire alliance avec l’humanité : c’est le sens symbolique des noces dans la Bible et tout particulièrement dans cette page de l’évangile de Jean. Mais aussi Il réveille l’espérance qu’il ne nous fera pas défaut : Dieu, en son fils Jésus, vient demeurer avec nous et vient épouser notre condition humaine avec ses joies et ses souffrances pour nous conduire vers le Père, vers la joie des noces éternelles !
Et Marie, la Mère de Jésus est celle qui permet cela, elle est celle qui à Cana de Galilée introduit son fils dans ce ministère de réconciliation par lequel il change l’eau de nos vies ordinaire en un vin de noce à la saveur extraordinaire.
Cela, Marie le permet par deux simples paroles ! La première qu’elle adresse à son Fils : « ils n’ont plus de vin » ; et la seconde qu’elle adresse aux servants : « tout ce qu’il vous dira faites-le ! ».
« Ils n’ont plus de vin », c’est la prière de Marie ! Prier à l’école de Marie ce n’est pas dire à Dieu ce qu’il doit faire, c’est tout simplement déposer devant Lui avec totale confiance les besoins de l’humanité : « ils n’ont plus de vin, ils n’ont rien à manger, ils ne peuvent pas se soigner, ils sont abandonnés sans personne pour les visiter, ils sont tristes, malades, harcelés, exploités, elles sont battus par leur conjoint, leur terre est polluée… » et l’on pourrait allonger encore cette litanie des souffrances et des manques de tant d’hommes et de femmes ! Marie dans son humilité, toute oublieuse d’elle-même sait voir toutes ces souffrances ! Elle en fait confidence à son fils pour qu’il change en vin l’eau de tant de vie ! L’Église mariale ne craint pas de regarder la réalité en face, de nommer ce qui ne va pas, voir de dénoncer les scandales, elle les dépose devant son Seigneur. Elle ne leur apporte pas de réponses toutes faites, elle accepte de ne pas tout savoir, elle cherche sa route avec les autres. Elle sait seulement en qui elle a placé sa foi et avec patience et espérance elle guette l’aurore.

« Tout ce qu’il vous dira faites-le ! », cette prière que Marie adresse aux servants des noces de Cana, c’est à nous qu’elle l’adresse aujourd’hui ! « Tout ce qu’il vous dira faites-le ! » L’Église mariale ne se contente pas de constater les manques, elle invite à l’action et par là même elle réveille l’espérance, apporte de la joie, soulage les souffrances, avec ce même élan qu’autrefois Marie était allée en hâte soutenir sa cousine Élisabeth ! L’Église mariale est une « Église servante et joyeuse !
« Tout ce qu’il vous dira, faites-le ! » Encore faut-il savoir nous arrêter pour entendre le Seigneur nous dire quelque chose ! Prendre le temps de nous mettre en présence du Seigneur, ouvrir l’oreille de notre cœur, entrer dans le silence de l’écoute et accueillir sa Parole. L’Église mariale sait qu’il faut faire silence pour entendre la voix ténue de Dieu, l’Église mariale est une Église qui aime le silence, elle n’en a pas peur, elle y goûte la présence paisible de son Seigneur, elle y reconnaît le son inimitable de sa voix, car elle sait qu’il n’y a rien de plus semblable à Dieu que le silence. Peut-être que Jeanne Courtel, dans surdité avait-elle appris la richesse du silence qui nous fait accéder au mystère de la présence de Dieu ! Et si Marie demande que l’on construise en ce lieu une chapelle, n’est-ce pas pour y ménager un espace de silence où rencontrer Dieu ? Nous vivons aujourd’hui dans un monde qui a besoin de silence pour remonter vers sa source pour s’y régénérer, pour que les hommes et les femmes de ce temps retrouvent cette harmonie originelle qui pacifiera leur relation avec eux-mêmes, avec Dieu, avec les autres et avec toute la création même, car ce qui nous détruit et détruit notre planète aujourd’hui, c’est le manque fondamental d’écoute, d’attention, de respect. L’Église mariale est une Église qui sait prêter attention à chacun, qui respecte son histoire et sa singularité, qui sait y lire, aussi blessée soit-elle, la présence du Seigneur et qui s’en émerveille.

Chère Frère et sœurs, Marie est venue en ce lieu ouvrir une source de prière ! A son école ouvrons nous à la grâce de Dieu, Laissons la Parole de Dieu féconder nos vies, alors nous serons heureux de chanter avec elle : Magnificat !

AMEN

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