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Homélie du 3 ème dimanche de carême

 

 

  • La lecture de ces trois textes a fait venir à ma mémoire une image, celle du brouillard qui couvre les flancs de nos collines et  peu à peu se déchire et laisse apparaître un paysage. 
  • Ces textes  nous proposent une découverte progressive du Dieu de la Bible. C’est comme si le visage de Dieu se dévoilait peu à peu. Quand nous disons que Dieu se révèle c’est cela que nous voulons dire : Dieu qui peu à peu se fait connaître. 
  • On peut repérer trois moments de ce dévoilement :

 

  • Le dieu que Moise rencontre est le dieu qui est entré en relation avec Abraham, le dieu qui parle, le dieu qui promet.  Au buisson ardent, ce feu qui brûle et ne se consume pas , Dieu entend la souffrance de son peuple. Ce dieu parle avec les mots que le peuple hébreu lui a dit  pour raconter la misère. Ce Dieu porte un nom mystérieux: «  Je suis qui je suis. » 
  • Une autre manière de se représenter Dieu nous est donnée dans ce dialogue de Jésus avec « des gens » comme dit l’Evangile. Deux faits divers pourraient donner à penser et à croire que Dieu en serait l’auteur direct. Implicitement Dieu punirait les pécheurs, avec un châtiment d’autant plus grave que le péché serait important. Ce Dieu conduirait en direct  l’histoire des hommes, pesant sur leurs décisions, voire même les prenant à leur place. 
  • En présence de Jésus l’on entrevoit un autre visage de Dieu. Un Dieu Père qui engendre à la vie, appelle cette vie à croitre, nous veut co-créateurs avec lui, ne se mêle pas à tout moment de notre histoire, laisse les lois de la création agir mais l’accompagne de son amour. Ce Dieu vient partager notre vie en se faisant homme. Ce Dieu a un visage et c’est celui de Jésus . Il est Quelqu’un qui fait une alliance avec nous. 

Cette découverte progressive de Dieu met en évidence une relation de plus en plus fine des hommes avec lui. Le Dieu de Moise est encore un Dieu dont la Seigneurie se manifeste par la crainte et l’extraordinaire qu’il inspire comme le suggère l’épître aux Corinthiens « Ils ont été exterminés ». Le Dieu des interlocuteurs  de Jésus serait  le Dieu qui rétribue en fonction de nos péchés et de nos bonnes actions. Beaucoup de chrétiens pensent encore ainsi. Nous pourrions être tentés de croire que les peines de ce temps seraient des  châtiments divins. En réalité,  ce sont bien des malheurs  mais Dieu n’en est pas à l’origine. Ces malheurs sont  toujours les conséquences de notre péché. C’est nous-même qu’il s’agit de transformer. 

Le Dieu de Jésus, à lire sa réponse aux deux faits divers à propos desquels on l’interroge, à lire aussi sa parabole du figuier se présente comme le Dieu qui cherche, attend, espère l’amitié des hommes, et qui pour cela vient travailler sans se décourager une terre ingrate, des cœurs rétifs. Notre Dieu est celui qui veut être avec l’homme dans une relation de communion pour la vie. Même un figuier stérile a encore pour lui sa chance. Pourquoi pas l’Eglise aussi ? C’est ce Dieu là que l’Eglise doit retrouver, surtout en cette période de grands troubles pour elle. En cette journée de prière pour les victimes d’abus sexuels et de pouvoir, qu’elle ose croire en son Dieu alors que le brouillard ne s’est pas encore complétement dissipé pour elle. 

Gérard Nicole + 

 

 

  

 

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