Retour sur le 15 août à Querrien
Publié le |

+ Mgr Gérard Le Stang, évêque d’Amiens
Samedi 15 août 2026
Sanctuaire N.D. de Toute-Aide
Samedi 15 août 2026
Sanctuaire N.D. de Toute-Aide

Mercredi dernier, nous avons été nombreux à chercher à voir l’éclipse du soleil par la
lune, munis de lunettes adaptées. Le phénomène est rare et impressionnant.
Autrefois, ces mouvements inhabituels des astres inquiétaient et pouvaient donner
lieu à des sermons sur la fin du monde. Aujourd’hui, au vu des changements
inquiétants du climat et de la nature, nous pourrions en faire autant, mais le
phénomène de l’éclipse nous rappelle avant tout que la Création est don de Dieu.
Elle est un don magnifique dont nous sommes les jardiniers, pour que tous puissent
en vivre et en tirer une source de louange, sans se prendre pour le centre du monde
et se comporter en prédateurs. L’éclipse et la situation de notre planète rappellent
ainsi qu’il est temps que l’humanité prenne au sérieux tout ce à quoi nous invitait le
pape François dans son encyclique Laudato si’ sur la sauvegarde de la maison
commune.
En cette fête de l’Assomption, la première lecture parle d’un signe extraordinaire
dans le ciel (qui n’est pas une éclipse) : une femme ayant le soleil pour manteau et la
lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Pour comprendre
cela, il nous faut mettre sur les yeux de notre cœur, non plus les lunettes pour voir
l’éclipse, mais les lunettes de la foi, qui interprètent l’Écriture et donnent un regard
différent sur la vie du ciel et celle de la terre.
Nous comprenons alors que cette femme est à la fois la Vierge Marie et l’Église.
Marie donne la vie en mettant au monde son Fils, le berger des nations. L’Église
donne la vie par l’annonce de la Parole et la célébration des sacrements de la foi.
Marie, montée aux cieux, est celle qui s’est pleinement ouverte à l’Esprit Saint. Toute
sa vie rayonne de l’amour de Dieu qui a habité son corps, son esprit et son âme tout
au long de son existence. La Vierge a toujours été en communion d’amour avec son
Seigneur, sans jamais produire d’éclipse, mais au contraire en étant traversée tout
entière par la lumière du Soleil divin.
Ainsi, en permettant à Dieu de se faire l’un d’entre nous, elle nous a rendus aptes à
recevoir le soleil de Dieu en nous sans mourir d’aveuglement et sans être brûlés par
un feu du purgatoire insupportable. Marie est le vitrail qui rayonne de la lumière du
Cœur de Dieu et nous permet de nous ouvrir à son amour.
S’il y a éclipse de l’amour de Dieu, elle vient bien souvent, hélas, de nous. La mort est
venue par un homme, dit saint Paul. Adam représente chacun de nous, quand nous
sommes fermés à l’amour de Dieu, repliés sur nous jusqu’à nous autodétruire par
orgueil et violence. Beaucoup cherchent du sens à leur vie. Ils sont dans la nuit et
parfois font des choix qui les aveuglent encore plus. Paul ajoute alors : par un
homme vient la résurrection. Le soleil du Christ Ressuscité nous sort de cette ombre
de la mort et du péché. C’est ce que nous montre la Vierge Marie. Illuminée par la
lumière de la Résurrection, après avoir vécu la nuit de la Croix qui semblait être
l’éclipse de Dieu dans le monde, Marie ouvre à la lumière de son Fils. Elle nous aide à
nous libérer des noirceurs qui nous empêchent de vivre en paix et sereins, sous le
soleil de Dieu.
Comme elle le fit ici, pour Jeanne Courtel, le 15 août, voici 374 ans, elle nous rend
capables d’écouter à nouveau l’appel à vivre, à écouter la Parole de Dieu, à la
partager et à la mettre en pratique. Tant de choses sont à reprendre à frais
nouveaux pour vivre mieux. Dans cette espérance que donne la foi au Christ, nous
sommes heureux de venir ici en procession, près de cette chapelle voulue par Marie,
suivant sa statue vénérable, et nous rendant auprès de cette source qui nous
rappelle l’Eau Vive du baptême, dont tant de jeunes adultes ont le désir aujourd’hui.
Nous exprimons par là le désir de répondre au puissant appel à vivre de la Parole de
Dieu, avec la même générosité que les parents de Jeanne, si heureux de voir leur fille
guérie de sa surdité et transformée par la rencontre avec la Mère de Dieu.
Nous venons d’entendre dans l’Évangile le Magnificat de Marie, qui danse de joie
chez sa cousine Élisabeth. Le pape Léon XIV, dans sa récente encyclique Magnifique
humanité, sur la protection de la personne humaine à l’heure de l’intelligence
artificielle, évoque cette jubilation de la Vierge. Elle chante son Magnificat, dit le Pape,
alors que « rien n’a changé autour d’elle : la situation socio-politique de son époque
reste la même […]. Et pourtant tout a changé en elle, ce qui lui permet de voir
l’invisible. Dieu a déjà déployé la force de son bras, il a déjà dispersé les superbes,
renversé les puissants, élevé les humbles, comblé de biens ceux qui ont faim et
renvoyé les riches les mains vides. […] Dieu possède un projet souvent caché sous
l’apparence terne des événements humains […]. Sa force secrète est destinée à se
révéler à la fin. » (Magnifica humanitas, n° 243).
Chers frères et sœurs, les ombres de nos vies peuvent parfois éclipser l’amour de
Dieu. Notre-Dame de l’Assomption, la Vierge du ciel de l’Apocalypse, apparue ici,
nous rassure. Elle rayonne de l’amour de son Fils, sans faire obstacle à son salut,
mais au contraire en le diffusant par son rayonnement serein et puissant dans la
simplicité de nos vies, pour les recharger en espérance et en combativité.
Amen.
+ Mgr Gérard Le Stang
évêque d’Amiens
lune, munis de lunettes adaptées. Le phénomène est rare et impressionnant.
Autrefois, ces mouvements inhabituels des astres inquiétaient et pouvaient donner
lieu à des sermons sur la fin du monde. Aujourd’hui, au vu des changements
inquiétants du climat et de la nature, nous pourrions en faire autant, mais le
phénomène de l’éclipse nous rappelle avant tout que la Création est don de Dieu.
Elle est un don magnifique dont nous sommes les jardiniers, pour que tous puissent
en vivre et en tirer une source de louange, sans se prendre pour le centre du monde
et se comporter en prédateurs. L’éclipse et la situation de notre planète rappellent
ainsi qu’il est temps que l’humanité prenne au sérieux tout ce à quoi nous invitait le
pape François dans son encyclique Laudato si’ sur la sauvegarde de la maison
commune.
En cette fête de l’Assomption, la première lecture parle d’un signe extraordinaire
dans le ciel (qui n’est pas une éclipse) : une femme ayant le soleil pour manteau et la
lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Pour comprendre
cela, il nous faut mettre sur les yeux de notre cœur, non plus les lunettes pour voir
l’éclipse, mais les lunettes de la foi, qui interprètent l’Écriture et donnent un regard
différent sur la vie du ciel et celle de la terre.
Nous comprenons alors que cette femme est à la fois la Vierge Marie et l’Église.
Marie donne la vie en mettant au monde son Fils, le berger des nations. L’Église
donne la vie par l’annonce de la Parole et la célébration des sacrements de la foi.
Marie, montée aux cieux, est celle qui s’est pleinement ouverte à l’Esprit Saint. Toute
sa vie rayonne de l’amour de Dieu qui a habité son corps, son esprit et son âme tout
au long de son existence. La Vierge a toujours été en communion d’amour avec son
Seigneur, sans jamais produire d’éclipse, mais au contraire en étant traversée tout
entière par la lumière du Soleil divin.
Ainsi, en permettant à Dieu de se faire l’un d’entre nous, elle nous a rendus aptes à
recevoir le soleil de Dieu en nous sans mourir d’aveuglement et sans être brûlés par
un feu du purgatoire insupportable. Marie est le vitrail qui rayonne de la lumière du
Cœur de Dieu et nous permet de nous ouvrir à son amour.
S’il y a éclipse de l’amour de Dieu, elle vient bien souvent, hélas, de nous. La mort est
venue par un homme, dit saint Paul. Adam représente chacun de nous, quand nous
sommes fermés à l’amour de Dieu, repliés sur nous jusqu’à nous autodétruire par
orgueil et violence. Beaucoup cherchent du sens à leur vie. Ils sont dans la nuit et
parfois font des choix qui les aveuglent encore plus. Paul ajoute alors : par un
homme vient la résurrection. Le soleil du Christ Ressuscité nous sort de cette ombre
de la mort et du péché. C’est ce que nous montre la Vierge Marie. Illuminée par la
lumière de la Résurrection, après avoir vécu la nuit de la Croix qui semblait être
l’éclipse de Dieu dans le monde, Marie ouvre à la lumière de son Fils. Elle nous aide à
nous libérer des noirceurs qui nous empêchent de vivre en paix et sereins, sous le
soleil de Dieu.
Comme elle le fit ici, pour Jeanne Courtel, le 15 août, voici 374 ans, elle nous rend
capables d’écouter à nouveau l’appel à vivre, à écouter la Parole de Dieu, à la
partager et à la mettre en pratique. Tant de choses sont à reprendre à frais
nouveaux pour vivre mieux. Dans cette espérance que donne la foi au Christ, nous
sommes heureux de venir ici en procession, près de cette chapelle voulue par Marie,
suivant sa statue vénérable, et nous rendant auprès de cette source qui nous
rappelle l’Eau Vive du baptême, dont tant de jeunes adultes ont le désir aujourd’hui.
Nous exprimons par là le désir de répondre au puissant appel à vivre de la Parole de
Dieu, avec la même générosité que les parents de Jeanne, si heureux de voir leur fille
guérie de sa surdité et transformée par la rencontre avec la Mère de Dieu.
Nous venons d’entendre dans l’Évangile le Magnificat de Marie, qui danse de joie
chez sa cousine Élisabeth. Le pape Léon XIV, dans sa récente encyclique Magnifique
humanité, sur la protection de la personne humaine à l’heure de l’intelligence
artificielle, évoque cette jubilation de la Vierge. Elle chante son Magnificat, dit le Pape,
alors que « rien n’a changé autour d’elle : la situation socio-politique de son époque
reste la même […]. Et pourtant tout a changé en elle, ce qui lui permet de voir
l’invisible. Dieu a déjà déployé la force de son bras, il a déjà dispersé les superbes,
renversé les puissants, élevé les humbles, comblé de biens ceux qui ont faim et
renvoyé les riches les mains vides. […] Dieu possède un projet souvent caché sous
l’apparence terne des événements humains […]. Sa force secrète est destinée à se
révéler à la fin. » (Magnifica humanitas, n° 243).
Chers frères et sœurs, les ombres de nos vies peuvent parfois éclipser l’amour de
Dieu. Notre-Dame de l’Assomption, la Vierge du ciel de l’Apocalypse, apparue ici,
nous rassure. Elle rayonne de l’amour de son Fils, sans faire obstacle à son salut,
mais au contraire en le diffusant par son rayonnement serein et puissant dans la
simplicité de nos vies, pour les recharger en espérance et en combativité.
Amen.
+ Mgr Gérard Le Stang

évêque d’Amiens