Double fête au Sanctuaire ce 2 février 2022.
La nature Ă©tait de la fĂŞte hier au Sanctuaire Ă l’occasion de la cĂ©lĂ©bration de la PrĂ©sentation de JĂ©sus au Temple qui est aussi la fĂŞte de la Vie consacrĂ©e. Il y a avait du soleil, une belle lumière pour accueillir Mgr Denis Moutel, les ConsacrĂ©s de notre Zone pastorale de LoudĂ©ac, plus 80 participants. Après la bĂ©nĂ©diction des cierges et la procession de la lumière, les personnes consacrĂ©es ont renouvelĂ© leur engagement devant notre Ă©vĂŞque.
Mgr Denis Moutel, dans son homĂ©lie, a insistĂ© sur la lumière que nous donne le Seigneur et sur l’offrande que nous pouvons faire en retour de notre vie. Au dĂ©but de la cĂ©lĂ©bration, une prĂ©sentation du Peuple de Dieu Ă son Seigneur a rappelĂ© quelques-unes des Ă©preuves prĂ©sentes que traverse l’Eglise (voir texte), et la Prière universelle nous a conduits Ă implorer la lumière qui Ă©claire, qui rĂ©chauffe, qui apaise.  » Lumière des hommes nous marchons vers Toi ! »
Le Recteur
Querrien, 2 fĂ©vrier 2022 – PrĂ©sentation du Peuple de Dieu Ă son Seigneur
Seigneur voici ton peuple,
Seigneur voici ton peuple que tu viens rencontrer en cette fête de la Lumière : laïcs, consacrés, ministres ordonnés : évêque, prêtres et diacres. Il a besoin de ta lumière et de ton amour pour demeurer dans la charité et la communion pour te faire connaître et faire reconnaître tes bienfaits.
Seigneur voici ton peuple avec ses consacrés, religieux et religieuses. Moins nombreux, moins visibles que par le passé, leur témoignage demeure essentiel à la mission de toute l’Eglise. Ils sont à la recherche de formes renouvelées de présence et de témoignage au service de tous.
Seigneur, voici ton peuple qui connaĂ®t une si grande fatigue, pas seulement physique mais aussi morale, spirituelle. Sur la route oĂą il marche il a encore besoin de ton espĂ©rance et de la douce chaleur d’EmmaĂĽs.
Seigneur voici ton peuple qui n’inspire plus la confiance d’une maison sĂ»re. Ses membres les plus fragiles ont besoin d’y retrouver l’affection, la tendresse et la sĂ©curitĂ© auxquelles ils ont droit..
Seigneur voici ton peuple troublĂ© par la pandĂ©mie qui dure et met Ă l’Ă©preuve sa joie et sa paix. Il a besoin que tu le conduises sur le chemin de l’UnitĂ© et de la fraternitĂ© .
Prière Universelle, mercredi 2 février 2022 Sanctuaire de Querrien
Depuis 2 ans, le virus du Covid fragilise des millions de personnes à travers le monde, causant de nombreuses souffrances physiques et psychologiques jusqu’à provoquer la mort de beaucoup. Seigneur, Toi qui es lumière pour toutes les nations, suscite Foi, Espérance et Charité en tous ceux qui marchent dans les ténèbres.
Aujourd’hui encore et partout sur la terre la Covid met Ă l’Ă©preuve notre organisation sociale et Ă©conomique, nos solidaritĂ©s familiales, notre communion en Eglise jusqu’Ă provoquer des tensions et des divisions.
Seigneur, toi la Gloire de ton peuple, fais de ton Église un lieu d’Ă©coute, de dialogue, de paix au service de la communion pour le tĂ©moignage de la charitĂ©.
Beaucoup de personnes sont déstabilisées par la multiplicité des discours et analyses tenus par les médecins, les chercheurs, les journalistes, hommes politiques.
Seigneur, toi qui as mis au cĹ“ur de SymĂ©on le dĂ©sir de te voir et de vivre en paix selon ta parole, viens au secours de tous ceux qui ont besoin d’ĂŞtre Ă©clairĂ©s et guidĂ©s par la lumière de ton Esprit.
De nombreux soignants (médecins, infirmiers, aide-soignants), aumôniers et parents sont auprès des malades et personnes âgées pour les soigner et soulager leur inquiétude.
Seigneur, toi qui as associĂ© ta mère (Notre Dame de toute Aide) Ă ton offrande et a reçu d’elle sa douce prĂ©sence souviens toi de ceux qui communient Ă ta passion.
En ce jour de Fête de la vie consacrée, nous te présentons Seigneur tous ceux, hommes et femmes, qui ont répondu à ton appel pour te louer et te servir dans leurs frères et sœurs. En ces temps incertains et troublés garde-les fidèles aux charismes de leurs fondateurs, et créateurs pour des présences nouvelles au service de l’Évangile.
Ce mercredi 2 fĂ©vrier, une dizaine de membres du mouvement « ChrĂ©tiens en Monde Rural-AinĂ©s » des quatre diocèses bretons Ă©tait de passage au Sanctuaire Notre Dame de Toute-Aide pour prĂ©parer sa rencontre rĂ©gionale du dimanche 3 avril prochain (9h – 17h30).
Leur thème de travail porte sur le vivant que nous habitons sans en prendre trop soin : « Le vivant un bien commun ». Leur rĂ©flexion sera guidĂ©e par l’abbĂ© Jean-Yves Baziou, prĂŞtre du diocèse de Quimper et LĂ©on.
L’Association des recteurs de sanctuaire se rĂ©unit chaque annĂ©e en congrès au mois de janvier. Pour cette annĂ©e 2022 la rencontre se tenait Ă Paris les 24, 25, 26 janvier, chez les BĂ©nĂ©dictines de Montmartre. Le thème de la rencontre cette annĂ©e portait sur la beautĂ© comme chemin vers Dieu.
« Plusieurs intervenants : historien d’art, bibliste, philosophe se sont succĂ©dĂ© pour nous faire rĂ©flĂ©chir. Le prĂŞtre responsable de la restauration intĂ©rieure de la cathĂ©drale Notre Dame de Paris est venu nous informer des principes qui prĂ©sident Ă cette restauration. Cette rencontre est aussi l’occasion d’un partage de nos idĂ©es, de nos initiatives. Nous Ă©tions cinq de Querrien Ă faire le voyage : Mariette Mignard, SĹ“ur Monique, Marie Odile Rault, Fernand LĂ©on et le recteur. Ensemble nous essayerons de servir la beautĂ© au sein de notre sanctuaire : beautĂ© du site, de nos amĂ©nagements, des chants, des gestes, des bouquets. »
Abbé Gérard Nicole
Recteur du Sanctuaire Notre Dame de Toute-Aide
Jeudi 30 septembre 2021, 450 retraitĂ©s costarmoricains se sont rĂ©unis au Sanctuaire Notre Dame de Toute-Aide de Querrien (La PrĂ©nessaye) pour une journĂ©e festive et de fraternitĂ©. Retrouvez ci-dessous le compte-rendu de Rosita Carpier, repsonsable du Mouvement ChrĂ©tien des RetraitĂ©s (MCR) des CĂ´tes d’Armor.
Imaginez… un « village perdu au milieu de nulle part », envahi de bon matin par quelques 450 retraitĂ©s de tous âges, venus des quatre coins du diocèse…  Un Ă©vènement s’y passe…
Ils ont rendez-vous… avec la FraternitĂ©…
Alors qu’ils savent en gros ce qu’est la Fraternité, ces retraités sont désireux d’aller plus loin, de connaître la pensée du Pape François développée dans l’encyclique « Fratelli Tutti – Tous frères ».
Ils ne seront pas déçus… la journĂ©e a rĂ©solument mis le cap sur la FraternitĂ©… une FraternitĂ© qui sera chantĂ©e, pensĂ©e pour s’éveiller Ă la capacitĂ© de faire, objet de tĂ©moignages, et sera cĂ©lĂ©brĂ©e avec ferveur…
Une fraternité portée par des intervenants incarnant à eux seuls la Fraternité :
- Abbé Gérard Nicole, recteur du Sanctuaire qui a présenté une réflexion sur le thème du Bon Samaritain.
- Dominique Greiner, rédacteur en chef « religion » au journal La Croix, intervenant sur le thème « La fraternité, une force de vie pour l’humanité ».
- SĹ“ur Anne-Marie Huyen d’origine vietnamienne, sĹ“ur de la CommunautĂ© des franciscaines missionnaires de Marie domiciliĂ©e au Châtelets qui a donnĂ© son tĂ©moignage sur les difficultĂ©s de son pays.
- Jean-Pierre Le Bihan, maire de Corlay, sur les difficultés dans une commune rurale de faire le lien entre les administrés, ont ponctué cette journée riche et fraternelle.
- Patrick Richard, auteur-compositeur chanteur qui a animé la journée par ses chants de joie et de fraternité.
- Abbé Jean Mabundi, curé de Dinan, qui a présidée l’Eucharistie entouré de nombreux prêtres dont l’abbé Eugène Le Foll, ancien aumônier du MCR et de Yves Piron, diacre, nouvel aumonier du MCR.
Le Rassemblement aura donnĂ© des repères pour demain pour vivre la FraternitĂ©, pour l’incarner, pour la pratiquer… pour rĂ©aliser qu’elle n’est pas un mot abstrait : c’est un comportement, un style de vie au service de la dignitĂ© humaine. Elle passe par des relations humaines, travailler ensemble dans un esprit consensuel et constructif.
Exigeante, la fraternité appelle à sortir de soi, à prendre des risques, à s’oublier tel le bon samaritain.
Alors, interpelle le Pape, serons-nous des gens de l’indiffĂ©rence ou du dialogue, au service de la paix ou du conflit ? Il fait comprendre que nous ne sommes pas seuls pour cheminer et agir : « Dieu ne nous abandonne pas car il suscite des hommes et des femmes capables… ». Cela passe par des attitudes concrètes : celle de se faire proche, celle d’écouter, d’élargir son cercle habituel, Ă respecter le point de vue de l’autre, de rĂ©agir face aux inĂ©galitĂ©s… celle de faire des bonnes choses…
Face aux temps à venir qui mettront à l’épreuve la Fraternité et l’Espérance,nous aurons à résister en nous mettant au service de l’humanité petitement ou plus grandement, persuadés que Dieu nous donnera les moyens de le faire car il « continue à répandre des semences de bien dans l’humanité ».
C’est là l’Espérance du Pape François qui reste à partager autour de nous !
Rosita Carpier, Responsable du
Mouvement Chrétien des Retraités 22
Cette année, le Pardon de Notre Dame de Toute-Aide sera présidé par Mgr Laurent Le Boulc’h, évêque du diocèse de Coutances et Avranches. Attention, en raison de l’épidémie de Covid-19, le port du masque sera obligatoire.
Message de Mgr Denis Moutel
Venez nombreux Ă Querrien,
le dimanche 13 septembre !
Les événements sanitaires de cette année font que beaucoup de pèlerins, de personnes âgées, malades ou handicapées, d’hospitaliers ne pourront se rendre à Lourdes comme ils auraient aimé le faire. Ce ne sera pas possible cette année. Cette rencontre avec Marie de Massabielle va leur manquer. Ils me le disent !
Certes, La Prénessaye ce n’est pas Lourdes mais pourquoi ne pas aller saluer Marie, Notre-Dame de Toute-Aide chez elle, à Querrien ! Déjà des pèlerins de Lourdes Cancer Espérance ont appelé leurs amis à les rejoindre à Querrien. Les responsables de l’Hospitalité diocésaine de Lourdes ont appelé les brancardiers à venir prier auprès de Notre-Dame de Toute-Aide. Que cette année, plus que les autres années, Querrien soit « un petit Lourdes breton ». J’en serais vraiment heureux…
Ce pardon du dimanche 13 septembre 2020 fait mémoire des apparitions de la Vierge Marie à Jeanne Courtel et de la reconnaissance de ces apparitions par Mgr Denis de la Barde. Ce pardon sera présidé par Mgr Laurent Le Boulc’h, évêque de Coutances et Avranches. Il nous commentera l’évangile de l’invitation au pardon et au don généreux de nous-même.
Le pardon de cette année aura une couleur un peu différente en raison de la crise sanitaire du COVID-19. Les responsables du sanctuaire font le nécessaire pour que soient respectées les règles de barrière physique. Merci au père Gérard Nicole, aux religieuses et aux bénévoles d’avoir remarquablement organisé les choses pour le pardon du 15 août. Ce sera tout aussi bien ce dimanche 13 septembre !
+ Denis MOUTEL
Évêque de Saint-Brieuc et Tréguier
Le samedi 12 juin 2021, le sanctuaire Notre Dame de Toute Aide à Querrien (La Prénessaye) accueillait une soixantaine de personnes venues découvrir ou redécouvrir, la figure de Madeleine Delbrêl (1904- 1964). Cette journée était organisée par une petite équipe d’amis de Madeleine Delbrêl du diocèse ; ceux-ci sont convaincus que cette femme laïque, se nourrissant de l’Evangile « comme on mange du pain », a un message important et vital à  dire pour la société et l’Église d’aujourd’hui. L’Église ne l’a-t-elle pas déclarée « vénérable » en janvier 2018 ?
Durant la journée, les propositions furent variées : le matin, une conférence sur son chemin de vie et sa spiritualité ; l’après-midi, une découverte et des carrefours sur ses écrits ; et enfin, l’actualité de M.Delbrêl fut présentée par Anne T. venue de Rennes, de la part de l’association de amis de Madeleine Delbrêl (AAMD). Elle nous parla de l’inauguration de la maison rénovée où vécut Madeleine, au 11 rue Raspail à Ivry-sur-Seine, et du projet de cette maison à savoir de faire se rencontrer les Ivryens et Ivryennes, croyants ou non, et aussi tous ceux (pèlerins de France et d’ailleurs ou visiteur d’un jour) qui viendront pour s’inspirer de Madeleine et y vivre un peu de fraternité. Anne nous parla aussi de l’internationalité de Madeleine Delbrêl puisque ses écrits sont traduits en plusieurs langues et que des groupes naissent en Allemagne, Italie, Espagne etc… pour vivre de son extraordinaire message  à savoir que la sainteté peut être vécue dans la vie la plus ordinaire !
Dans la remontée des carrefours en fin de journée, il y eut des convictions :
- La présence de Dieu, c’est à chaque instant. Prise de conscience par beaucoup que la sainteté peut être vécue dans une vie laïque, dans la vie ordinaire, dans les petites choses.
- Madeleine Delbrêl nous donne envie de fréquenter l’Évangile et de le lire de plus en plus.
L’Évangile n’est pas fait pour être lu, mais pour être reçu et vécu.
- Madeleine fidèle à ses convictions et ouverte au dialogue dans le respect de chacun (pas si facile !)
- C’est en l’Église qu’est la Mission mais il faut qu’elle passe par nous.
- Madeleine allait à la messe avec, dans son missel, tous les noms écrits des personnes rencontrées (idée d’en faire autant !)
- Pour connaître le Christ : lire l’Évangile comme un rendez-vous de personne à personne, prier simplement, recevoir des autres.
Il y eut aussi des questions et suggestions.
- Les non croyants font la même chose que nous au niveau des services rendus ; ils peuvent avoir les mêmes valeurs. A quoi sert Dieu ? A quoi ça sert d’avoir la foi ?
- Comment vivre en chrétiens dans un monde laïc. ?
- Comment proposer à d’autres personnes ce que nous avons vécu, ce jour ?
- Si on trouve Dieu dans le quotidien, que faire quand il s’absente ?
- Ce serait intéressant de suggérer au service des pèlerinages une visite à la maison rénovée de Madeleine Delbrêl (au 11, rue Raspail à Ivry-sur-Seine) pour la connaître encore mieux
Équipe des amis de Madeleine Delbrêl 22
Xavier du Rostu, diacre permanent, témoigne de la journée vécue :
« Pour Madeleine DelbrĂŞl, bien avant « Vatican 2 », elle dira qu’il est urgent que l’Église aille dans le monde, qu’il faut abattre le mur qui existe entre l’Église et la masse. D’ailleurs, un certain nombre de Pères du concile viendront rencontrer Madeleine. […] Madeleine n’est pas dans l’activisme. Elle est dans la vie, elle vit l’Évangile au quotidien. Elle a de très belles phrases sur l’Évangile. ‘L’Évangile, n’est pas un livre comme les autres. Il est comme un rendez-vous que le Christ donne Ă chacun d’entre nous avec lui….. Un cĹ“ur Ă cĹ“ur vrai, intime, concret’. […] En Madeleine, je vois une figure diaconale, bien qu’elle ait toujours voulu rester une laĂŻque. Vivre de l’Évangile du Christ au cĹ“ur du monde, auprès des plus petits, des dĂ©munis. VoilĂ la vie que Madeleine nous propose de suivre. […]Finalement, très belle et très riche journĂ©e qui donne envie d’aller plus loin, de se plonger dans les nombreux Ă©crits de Madeleine. Dans le livre ‘Madeleine DelbrĂŞl, poète, assistante sociale et mystique’, j’ai dĂ©couvert le rĂ´le de Marie, Mère du Christ, dans la vie de Madeleine alors qu’elle n’a pas encore trouvĂ© Dieu. ‘Marie l’a conduite vers son Fils et elle l’a accompagnĂ©e ensuite… C’est comme si la tendresse de Marie attĂ©nuait la violence de la rencontre de l’infini de Dieu, cette lumière aveuglante. La dĂ©couverte de Dieu, a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ©e par de longs mois de cheminement avec Marie’. »
Mercredi 26 mai 2021, les acteurs des diffĂ©rentes branches qui composent la Pastorale de la SantĂ© du diocèse de Saint-Brieuc se sont rĂ©unis au Sanctuaire Notre Dame de Toute-Aide Ă Querrien (La PrĂ©nessaye) pour une journĂ©e de ressourcement Ă la suite de ces quinze mois de pandĂ©mie ; l’occasion de retrouver et d’Ă©changer entre bĂ©nĂ©voles qui prennent soin des autres dans le cadre de leurs missions respectives. Environ 200 participants s’Ă©taient inscrits Ă cette journĂ©e.
Mot d’accueil du P. GĂ©rard Nicole, recteur du Sanctuaire Notre Dame de Toute-Aide : « Nous vous attendons depuis longtemps, nous attendons le retour des pèlerins. Je salue les sĹ“urs qui ont tenu la maison depuis ces longs mois. Ici, vous ĂŞtes Ă Querrien, un hamaeau de 25 habitants Ă Ă l’annĂ©e. C’est ici que Marie a demandĂ© que soit Ă©rigĂ© un Sanctuaire. Elle est apparue une dizaine de fois Ă une fillette handicapĂ©e de 11 ans, Jeanne Courtel. C’est Ă elle que que Marie a souhaitĂ© dĂ©livrer son message. La chapelle vous est ouverte, vous pouvez y prier, offrir une messe, acheter un cierge. Des prĂŞtres se tiennent Ă©galement Ă votre Ă©coute pour le sacrement de rĂ©conciliation mais aussi pour partager un temps d’Ă©coute et d’Ă©changes. »
Intervention de VĂ©ronique Dikoma, qui accompagne depuis plusieurs annĂ©es des SĹ“urs ainĂ©es Ă l’EHPAD des Filles du Saint-Esprit, Ă Saint-Brieuc : « Cette journĂ©e est un temps de respiration. Respirer, c’est la vie. L’Église a vraiment le cĹ“ur et le dĂ©sir d’ĂŞtre dans la vie de tous : c’est vrai pour le monde de la prison, de l’Ă©cole mais aussi de la santĂ©. Aujourd’hui, sont prĂ©sents les Ă©quipes d’aumĂ´nerie en hĂ´pital et en EHPAD, la PrĂ©sence Fraternelle, la FraternitĂ© ChrĂ©tienne des Personnes Malades et HandicapĂ©es, Lourdes Cancer EspĂ©rance, Lumière Relai EspĂ©rance… Que chacun de nous fasse l’expĂ©rience de l’amour fraternel dans un monde qui est appauvri d’amour. Dieu nous aime individuellement. […] Il existe des situation de confinement Ă©galement dans la Bible. Par exemple, dans l’Ancien Testament Ă travers le rĂ©cit de l’Arche de NoĂ© [Livre de la Genèse, chapitres 6, 7, 8] Peut-ĂŞtre avez-vous vous aussi des exemples en tĂŞte. Ces enfermements prĂ©figurent toujours d’une nouveautĂ©, une nouvelle naissance, une nouvelle ère. […] Pour prier, il nous est proposĂ© de nous retirer dans la pièce la plus retirĂ©e. Durant ce temps de confinement, peut-ĂŞtre que certains d’entre vous ont rĂ©ussi Ă vivre un temps de repos et de prĂ©sence avec le Seigneur au plus intime lieu de votre cĹ“ur. Cette pĂ©riode nous a souvent paru longtemps, provoquant un sentiment d’inutilitĂ©. A quoi je sers ? Voire un sentiment de dĂ©couragement par ce manque de relation. Un sentiment de peur peut-ĂŞtre. […] Rencontrer l’autre, c’est briser la solitude. Est-ce que j’ai intĂ©grĂ© la solitude Ă ma vie ? Ce temps nous a permis de nous retrouver face Ă nous-mĂŞmes et de nous interroger sur le sens de notre vie. Dans la Bible, les grossesses de Marie et d’Élisabeth sont vĂ©cues dans la joie de l’attente. Et nous, comment avons-nous attendu ? Avons-nous Ă©tĂ© dans l’expectative ? Est-ce que cette pĂ©riode a Ă©tĂ© un stand-by ? Une pause ? Ai-je vĂ©cu en sursis ? Dans l’espĂ©rance ? Dans quelle forme d’attente ai-je Ă©tĂ© ? L’attentisme est une forme d’attente dans l’inaction. Ai-je laissĂ© de la place Ă quelqu’un dans cette attente ? […] Nous savons bien que le cĹ“ur de l’Homme est Ă©ternellement insatisfait quelque soit nos conditions de vie, mĂŞme quand tout va bien. Nous recherchons sans cesse un plus. Dans la famille, au sein du couple, au travail, en amitiĂ©, en communautĂ© religieuse, ce n’est pas toujours parfait. Qu’est-ce que ce creux ? Je vous propose d’y dĂ©couvrir plutĂ´t les traces d’une vie nouvelle que Dieu a mis en nous dès notre baptĂŞme. […] Avec l’arrivĂ©e du printemps, j’ai aimĂ© contempler les petites fleurs bleues qui poussent dans des endroits impossibles. Alors que j’accompagnais une sĹ“ur ainĂ©e Ă l’EHPAD des Filles du Saint-Esprit, elle me dit subitement : ‘Vous avez vu ? Elles poussent entre les pierres !’ Je vous invite Ă vivre, dans ce temps de PentecĂ´te, un renouveau, Ă laisser Dieu pousser dans vos petites brèches, dans vos petits espaces intĂ©rieurs. Laissez-le fleurir au plus profond de votre ĂŞtre. Laissez-le raviver la grâce de votre baptĂŞme. […] Depuis le jour de votre baptĂŞme, nous sommes dĂ©finitivement branchĂ©s au Christ. Ce n’est pas, ‘j’ai Ă©tĂ© baptisĂ©’ mais ‘je suis baptisĂ©’. Nous Ă©tions confinĂ©s, il est temps de retrouver la joie de s’en retourner joyeux comme les disciples d’EmmaĂĽs. »
Échanges en petits groupes l’après-midi :
- Françoise, de la paroisse de la Bonne Nouvelle et membre de la PrĂ©sence Fraternelle, a souffert notamment de l’Ă©loignement avec ses enfants. « Nous n’avons pas non plus pu visiter les personnes en EHPAD. On nous a autorisĂ©s Ă revenir qu’Ă partir de la fin du deuxième. Elles Ă©taient contentes de nous revoir, et moi aussi je dois dire. Je regrette le comportement des personnes qui dĂ©nigrent tout, qui se plaignent de leur sort alors qu’ils ne sont pas malades. L’attitude de certains me contrarie plus que le confinement en lui-mĂŞme. »
- Jean-Yves, de la paroisse de Plouguenast et membre de la PrĂ©sence Fraternelle, a bien vĂ©cu le confinement. « Enfin j’ai bien vĂ©cu… ça s’est bien passĂ© pour moi. J’ai perdu un de mes meilleurs amis durant cette pĂ©riode, ça a Ă©tĂ© terrible, ce n’Ă©tait pas humain. Il est dĂ©cĂ©dĂ© seul Ă l’hĂ´pital, c’est ce qui m’a le plus marquĂ©. Seuls sa femme et son fils ont pu le voir, et pas en mĂŞme temps ! Ce sont des choses qu’on ne peut pas oublier. Après, je vis Ă la campagne, je ne peux pas me plaindre face Ă des personnes qui vivent dans de petits appartements Ă Paris. »
- LĂ©ontine, de la paroisse de LoudĂ©ac et membre d’une aumĂ´nerie Ă LoudĂ©ac, sent que les choses commencent Ă repartir. « A l’EHPAD oĂą j’interviens, les rĂ©sidents commencent Ă rejouer aux cartes. On a Ă©galement pu organiser des cĂ©lĂ©brations. Durant le confinement, il y a eu comme un stop dans ma vie. Heureusement qu’on a pu tĂ©lĂ©phoner ! Cela a Ă©tĂ© douloureux de ne pas voir ma famille, de ne pas aller Ă la messe. Les voisins ont perdu un proche durant cette annĂ©e, c’est dur… »
- Françoise, de la paroisse de PlĂ©met et membre de la FCPMH, a nouĂ© des relations avec sa voisine. « Ma voisine ne travaillant pas, on a pu discuter rĂ©gulièrement. On s’est offert des fleurs et des fraises de nos jardins respectifs. Les personnes seules, qui n’Ă©taient pas forcĂ©ment croyantes, ont apprĂ©ciĂ© que je les appelle rĂ©gulièrement. »
Extrait de l’homĂ©lie de Mgr Denis Moutel :
« Notre Dame de Toute-Aide nous a accompagnĂ©s durant toute cette pandĂ©mie. Elle est douceur, misĂ©ricorde et amour. […] Nous sommes heureux aujourd’hui d’ĂŞtre rassemblĂ©s autour de la Vierge Marie. Le Pape François nous a dit, le 27 mars 2020 Place Saint-Pierre, ‘N’ayez pas peur’. Son appel a eu un retentissement universel bien au-delĂ des croyants. Nous ne pouvons pas oublier ceux qui ont eu peur et qui, peut-ĂŞtre, ont toujours peur. Nous ne sommes pas Ă cĂ´tĂ©, nous sommes avec. […] J’ai Ă©tĂ© impressionnĂ©, dans mon groupe de partage, lorsque vous avez dit concernant la pandĂ©mie : ‘Ça a Ă©tĂ© difficile pour moi mais bien plus autour de moi’. Nous-mĂŞme, quand nous sommes au service de personnes âgĂ©es, très malades ou en fin de vie, n’avons-nous pas peur ? Posons un regard sur nos propres fragilitĂ©s. […] L’amour est reçu et doit ĂŞtre donnĂ© et partagĂ©. Dans les discernements que nous aurons Ă faire ensemble, nous nous demanderons si nous sommes bien dans une attitude de confiance et d’espĂ©rance. Il ne s’agit pas de faire comme avant. Nous avons des choix Ă faire et nous engager dans une plus grande simplicitĂ© de vie. »
Comme chaque année, la Mission Universelle du diocèse de Saint-Brieuc a organisé une journée d’accueil des missionnaires en congé et des prêtres étrangers qui viennent servir dans le diocèse de Saint-Brieuc durant l’été ; l’occasion pour les prêtres costarmoricains de prendre quelques jours de repos. Cette année, cette journée d’accueil – appelée « rencontre missionnaire inter-Églises » – s’est tenue le 10 juillet 2020 au Sanctuaire Notre-Dame de Toute Aide, à Querrien (La Prénessaye), en présence de Mgr Denis Moutel.
L’Église étant tout entière missionnaire, et l’œuvre de l’évangélisation étant un devoir fondamental du Peuple de Dieu, le saint Concile invite tous les chrétiens à une profonde rénovation intérieure, afin qu’ayant une conscience vive de leur propre responsabilité dans la diffusion de l’Évangile, ils assument leur part dans l’œuvre missionnaire auprès des nations.
Vatican II, Ad gentes. 35
Cette année, le diocèse de Saint-Brieuc accueille 25 prêtres cet été, tous étudiants en Europe, la plupart en France, 4 à Rome et 1 en Belgique. 12 d’entre eux devraient être présents à Querrien.
Nationalité des 25 prêtres : 4 du Congo Brazza, 7 du Togo, 4 de la RDC , 1 du Ghana, 3 du Cameroun, 1 du Bénin, 1 de la France, 4 d’Haïti (Pères de Saint-Jacques)
Le prêtre ghanéen et un de la République démocratique du Congo sont issus de la Société des Missions Africaines, congrégation missionnaire de Lyon.
Extraits de la conférence
Le Père Ronan Dyèvre, vicaire du groupement paroissial de Mantes-la-Jolie, a donné une conférence sur le thème « Réveille le prophète ». En voici un extrait :
« Comment intégrer la présence de Dieu dans le présent ? Il est bon de le rappeler aux paroissiens : tous les charismes peuvent être Prophètes. Avec le baptême, l’Esprit Saint a été déposé en moi. Tout l’enjeu de cette vocation prophétique se joue dans notre ordinaire et dans nos vies. C’est maintenant, là où je suis que je suis prophète, pas ailleurs. Dire je ne suis pas capable, trop vieux, trop limité… c’est de la paresse ! On ne compte que sur nos forces et pas sur l’Esprit Saint. On reste tranquillement à dormir, à être trop personnel, à être trop critique en laissant agir les autres. Face à la surabondance de la société, de nos biens, nous nous endormons dans le luxe en s’éloignant de la relation à l’autre. (…)
« Me voici, envoie moi » (Esaïe 6:8) Notre mission, la réponse que nous allons donner est dans notre coeur. Est-ce que je préfère regarder mes limites ou plutôt faire confiance à l’Esprit Saint ? Pour les prêtres qui viennent d’Afrique, c’est désarçonnant de venir en France. Vous avez des communautés tellement plus vivantes. Ici, vous devez ravivez la flamme. Nous avons besoin des Eglises Terres de mission pour rallumer la flamme d’Europe. Pauline Jaricot (1799-1862) en avait déjà conscience en son temps. Elle était déjà là pour l’Eglise universelle. Nous ne sommes qu’un seul Corps. Alors osons ! Evangéliser en France permet aussi de donner des missionnaires au monde. Le premier des changements est d’abord mon propre changement, mon réveil. »
Extraits de l’homĂ©lie
Si je vous ai bien compris tout a l’heure, Père Ronan, pour trouver le missionnaire, cherchez le cheval. C’est vrai que, pour vous mes chers frères prêtres qui venez dans le diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier pour un ministère d’été, nous sommes contents quand vous avez le permis de conduire en arrivant, ce qui est la forme moderne du cheval ! Mais voici que le Prophète Osée nous donne une autre indication pour trouver le missionnaire : chercher l’orphelin. Je cite le prophète, il dit à Dieu : « De Toi seul, l’orphelin reçoit la tendresse ». Chercher l’orphelin et chercher la tendresse, la bonté, le grand amour de Dieu, là se tient le missionnaire, c’est-à -dire auprès de ceux qui sont affligés par les peines de la vie, ou qui sont en attente d’être sauvés, relevés, aimés, et puis porteurs auprès d’eux au nom du Seigneur de la tendresse. « De Toi seul, l’orphelin reçoit la tendresse ». Que l’amour divin, autant que nous puissions le recevoir par les dons de l’Esprit Saint soit le cœur, le ciment, le point d’unité de toutes nos actions missionnaires. C’est à cause, c’est grâce, c’est avec ce grand amour de Dieu que nous pouvons dire : « Me voici, envoie moi ».
« Un prêtre disait, il n’y a pas très longtemps dans une rencontre que nous avions entre nous : « Mais quoi ! Si on est prêtre, c’est quand même pour nous donner ! » Si on est baptisé dans le Christ, c’est quand même pour nous donner ensemble, par la grâce de Dieu. Alors il y a l’urgence du partage et aussi l’urgence de la liberté. N’ayons pas peur de ne pas tout refaire comme avant, n’ayons pas peur d’aborder des chemins nouveaux pour l’Evangile, n’ayons pas peur d’examiner de nouveau si cela a, ou non, de l’importance. Ne nous épuisons pas dans des contraintes ou des organisations multiples, mais recherchons d’abord la volonté de Dieu en nous efforçant de la mettre en pratique. »
La Fête du Saint-Sacrement – aussi appelée Fête-Dieu – est célébrée le deuxième dimanche après la Pentecôte et a été instituée au Moyen-Age pour commémorer la présence de Jésus-Christ dans le sacrement de l’Eucharistie. Zoom sur la Fête du Saint-Sacrement 2020 célébrée le dimanche 14 juin 2020 au Sanctuaire Notre Dame de Toute-Aide à Querrien (La Prénessaye) et présidée par Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier.
Mot d’accueil du Père GĂ©rard Nicole, Recteur du Sanctuaire ND de Toute Aide
« Mgr, c’est la deuxième fois depuis la sortie du confinement que vous nous rejoigniez, ici au Sanctuaire marial diocésain. Peu à peu, le Sanctuaire retrouve ses pèlerins, sa vocations à l’accueil, ses activités. Dimanche, vous nous rejoigniez pour cette fête du Corps et du Sang du Seigneur, la Fête Dieu. L’eucharistie, source et sommet de la vie de l’Église, nous a manqués. Elle vous a manqués. Souhaitons que tous retrouvent le chemin de la communion d’Église pour retrouver le Pain de Vie et le service de l’unité de l’Église.
L’eucharistie est un mot grec qui veut dire « merci ». Nous allons dire merci au Seigneur pour le monde de la santé qui ne nous a jamais laissés tomber pendant ces semaines éprouvantes. Nous allons dire merci pour les sacrements, et particulièrement pour l’eucharistie.
Permettez-moi, Monseigneur, d’adresser un merci particulier : je vous remercie, mes sœurs, qui avez veillé sur le Sanctuaire pendant cette période de confinement. Merci aussi aux nombreux bénévoles qui sont venus à la chapelle chaque jour pendant trois heures pour y assurer la sécurité sanitaire, et autoriser ainsi sa réouverture. Merci aux bénévoles qui ont assuré l’entretien du Sanctuaire, lui permettant de rester beau et propre. »
Suite au mot d’accueil du Père Gérard Nicole, Mgr Denis Moutel s’est également félicité de la réouverture du Sanctuaire. « Soyons heureux d’être là . Je ne peux pas voir vos sourires mais vous savez sourire avec les yeux. Êtes-vous heureux de revenir à Notre-Dame de Toute-Aide à Querrien ? » « Oui », a répondu l’assemblée de fidèles en chœur.
Homélie de Mgr Denis Moutel, Évêque de Saint-Brieuc et Tréguier
Souvenons-nous de cette épreuve qui a duré plus de soixante jours. Dans cette épreuve, qui est aussi un grand moment de vie particulière, je crois que nous nous posons tous ces questions : Qu’est-ce qui nous ait arrivé ? Que sommes-nous devenus ? Et puis maintenant, que pouvons-nous faire ? Je voudrais reprendre avec vous le message que j’ai donné aux catholiques du diocèse pour la Pentecôte. J’ai voulu proposer sept chemins pour, non pas recommencer comme avant mais pour commencer, comme l’Église a commencé.
Le premier autour de ce que nous avons reçu : la joie de croire, puisque vous êtes là frères et sœurs, puisque vous n’avez pas cessé – avec moi comme tout le diocèse – de prier par l’intercession de Notre-Dame de Toute-Aide. La joie de croire, c’est cette fidélité qui nous conduit. Nous sommes heureux de voir, de comprendre que le cœur humain peut être habité et transformé par l’amour bien au-delà que ce que nous osions imaginer, dans les personnes qui se sont dévouées auprès de ceux qui étaient malades, dans d’autres régions plus touchées que dans la notre, ceux qui ont assuré dans les choses les plus élémentaires de la vie : la nourriture, le transport, le service aux autres… L’homme est capable d’amour et nous en sommes heureux. C’est ça notre foi. Être chrétien, ce n’est pas un chemin de contemplation pour des élites, ce n’est pas non plus la perfection morale. Être chrétien, c’est être avec le Christ qui n’abandonne jamais ses enfants. Celui qui mange de ce Pain de Vie a la vie éternelle.
La deuxième piste, c’est que cette vie n’est pas dans la superficialité des choses car il y a la traversée d’une épreuve. La pandémie, qui n’est pas terminée dans ses conséquences sociales, économiques ou encore sanitaires, va marquer durablement la vie du monde et notre foi. Il y a eu ou il y a encore des peurs éprouvées devant la contagion, la solitude des personnes qui ont connu l’isolement d’une chambre, la perception de nos fragilités individuelles ou collectives et la dure réalité de la mort que nous ne voulons plus voir. Le chemin, qui est mon troisième point, nous réconcilie. Nous étions séparés, nous nous sommes manqués et voici que nous sommes rassemblés. C’est ce que fait l’Esprit de Pentecôte : ceux qui sont dispersés, Il les rassemble. Mais parfois, la diversité de nos tempéraments, de nos histoires, de nos idées peuvent nous faire peur. Il n’est pas facile d’écouter l’autre jusqu’au bout, de le comprendre, de construire avec lui un projet… Alors, demandons la grâce pour notre communauté chrétienne et ici demandons, par l’intercession de Notre-Dame de Toute Aide la grâce de bien écouter.
Aujourd’hui, c’est le don de l’eucharistie. Nous avons douloureusement eu l’impossibilité de recevoir le corps du Christ en communion. Mais peut-être que ce manque nous en fait percevoir davantage la richesse aujourd’hui parce que le don du corps du Seigneur est précédé par l’écoute de sa Parole, et ça nous avons pu continuer à le faire ! Et puis surtout l’eucharistie est suivie de la charité, de l’amour du prochain qu’on exerce une fois après avoir quitté l’assemblée dominicale pour retourner vers nos frères. C’est le fruit de l’eucharistie qui trouve son accomplissement dans la rencontre et le service des autres. Cinquième chemin : le courage de sortir. Ces jours-ci, depuis trois dimanches désormais, nous avons préparé notre rentrée de façon responsable. Il ne faudra pas rater la sortie. Ce sont les mots qui reviennent souvent dans la bouche du Pape. Tout chrétien, toute communauté chrétienne, doit accepter cet appel de Dieu : sortir. Sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre les périphéries de la vie ou tant et tant nous attendent et ont besoin de la lumière de l’Évangile. L’activité pastorale de notre diocèse doit vivre aussi cette sortie.
Sixième chemin : l’urgence du partage. Pendant ce temps du confinement, j’ai souvent entendu dire « nous ne sommes pas les plus à plaindre ». Cette réflexion, finalement, portait une générosité en elle, portait l’attention à quelqu’un d’autre qui était plus seul, plus en difficulté. En tout cas, ils sont nombreux ceux que la crise sanitaire a secoué durablement Il ne faudra pas perdre pied mais plutôt accentuer la fraternité dans les associations dans lesquelles nous appartenons, dans le simple geste de voisinage. Comment passer à la vitesse supérieure dans le partage ? Certains ont suggéré le retour à ce qu’on appelait la dîme autrefois, qu’on s’en approche un peu plus, qu’on rehausse si on en a la possibilité ou les moyens notre niveau de partage pour quelques causes qui ne sont pas simplement les nôtres.
Enfin, l’audace de la liberté parce que, me semble-t-il, avec ce temps du confinement, nous avons pu innover dans notre vie personnelle, peut-être. Par exemple, le téléphone n’a jamais autant marché entre nous, je crois. On a pris des nouvelles, sans doute plus que d’habitude, les uns des autres. On a été témoins, et vous aussi vous avez vécu ces gestes d’attention : aller faire une course ou regarder si les volets d’à côté s’ouvraient bien. Nous avons eu un changement de rythme. Cette capacité d’innover, d’inventer, de s’adapter, c’est important aussi pour l’Église aujourd’hui. Ne nous sentons pas toujours soumis à des programmes contraignants qu’il faudrait remplir absolument, ou à des organisations qui nous presseraient. Prenons le temps de nous interroger, comme nous le faisons ici dans la réflexion pastorale sur le sens de ce Sanctuaire. Prenons le temps de nous interroger sur ce qui a de l’importance et sur ce qui n’en a pas, sur les enjeux missionnaires que nous proposons.
C’est une belle fête que celle du Corps et du Sang du Christ. Vous avez entendu comme moi dans l’Évangile de Saint Jean : celui qui mange mon Corps et celui qui boit mon Sang a la vie éternelle, la vie qui est devant quelque soit notre âge, nos peines, nos fatigues.


